19 mars 2021

Cher journal, je vois des amies partout. Au cinéma, au restaurant, dans les musées, et même dans l’avion… C’est troublant toutes ces anonymes qui me sourient d’un regard complice et semblent me reconnaître, sans que je n’ai aucun souvenir d’elles. Il est bientôt deux heures du matin, je n’arrive toujours pas à dormir. Cela fait plusieurs mois que cette nuit sans fin me tient éveillée. Des flashs furtifs m’hypnotisent et je ne suis plus moi-même. Une autre demande à sourdre. J’ai parfois l’impression qu’elle prend le contrôle en mon absence, et je brûle de goûter celle qui émergera de cette effroyable mutation. Je suis sage, mais qui suis-je quand je rêve ? Qu’avons-nous à craindre de moi ? Et si la question n’était pas qui serai-je, mais combien suis-je ?

L’inédit de la semaine : Nocturne n°8

¿’ Furvent, ceux qui vont mûrir te saluent !

La citation est tirée du chef-d’œuvre La Horde du Contrevent, livre phénoménal d’Alain Damasio, qui nous accompagne depuis la création du trio il y a quinze ans déjà, choc littéraire dont les secousses nous remuent encore violemment aujourd’hui, et pour l’éternité. Il fallait bien cela pour accompagner notre Nocturne n°8, écho érotico-décadent au Nocturne n°2 du 22 janvier, concocté avec le si délicat Yan Pechin à la guitare électrique (de retour ici après notre Criminal World du 26 février), qu’il en soit ici encore infiniment remercié. C’est pas si simple à danser, mais tu as tellement de ressources qu’on a hâte de voir comment tu t’en sors. Hauts les cœurs et les genoux, on a toute la nuit devant nous !

XVI. Norska, à travers l’échancrure

π (…) Qu’importe où nous allons, honnêtement. Je ne le cache pas. De moins en moins. Qu’importe ce qu’il y a au bout. Ce qui vaut, ce qui restera n’est pas le nombre de cols de haute altitude que nous passerons vivants. N’est pas l’emplacement où nous finirons par planter notre oriflamme, au milieu d’un champ de neige ou au sommet d’un dernier pic dont on ne pourra plus jamais redescendre. N’est plus de savoir combien de kilomètres en amont du drapeau de nos parents nous nous écroulerons ! Je m’en fiche ! Ce qui restera est une certaine qualité d’amitié, architecturée par l’estime. Et brodée des quelques rires, des quelques éclats de courage ou de génie qu’on aura su s’offrir les uns aux autres. Pour tout ça, les filles et les gars, je vous dis merci. Merci.

ALAIN DAMASIO, La Horde du Contrevent

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Petit jeu : sauras-tu trouver la différence entre ces deux photos ?
Bonus extra : Maya Angelou & Antonio Vivaldi

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s