16 juillet 2021

Cher journal, je veux retourner au concert ! Retrouver la transe et m’abandonner à nouveau à la danse, éprouver au fond de moi ces émotions ancestrales, communier encore avec la vibration. Sentir couler sur ma peau les ridules sonores que les ondes propagent me fait autant d’effet que la caresse des rayons solaires sur mon épiderme : cela m’emplit d’une chaleur joyeuse, et accompagne un sentiment de renaissance lié à la conscience aiguë du temps présent. La musique me transcende, et l’expérience musicale est une communion sacrée qui connecte mon cœur au pouls de l’univers. Si les planètes dansent autour des étoiles, pourquoi pas moi ?

L’inédit de la semaine : J.J.D. (Johnny Just Drop!!)

Laisse tomber, Jeannot !

C’est la fin de la trêve, on ne lâche plus Fabe Beaurel Bambi jusqu’au mois d’août ! Aujourd’hui il nous fait décoller les talons sur un morceau de Fela Anikulapo Kuti, l’indispensable nigérian : J.J.D. (Johnny Just Drop!!). Retrouve ici tous les autres titres avec Fabe Beaurel Bambi, télécharge-les pour les écouter sur la plage ou sous l’orage : Les Amusemens, Comité Bantou, HipK. Attention, si tu viens au concert ce samedi 17 juillet à 19h à Montreuil (place du Nouveau Théâtre de Montreuil), tu as intérêt à réviser les paroles pour chanter avec nous, Fabe Beaurel Bambi t’aura à l’œil. Concentration… prêt ? Ça fait :  »Heyyy », puis  »Heyyy ». On compte sur toi, fais attention à ton accent anglais, on t’autorise même à arrêter de danser pour chanter si tu galères à faire deux trucs en même temps, comme tu peux mais on veut t’entendre !

♡ Bienvenue aux nouvelles/aux Tipeuses/eurs du blog (toutes les infos ici), qu’iels soient ici infiniment remercié.e.s : Catherine & Daniel, Anne-Laure.

Afrika Shrine is NOT A NIGHTCLUB – it is a place where we can worship the gods of our ancestors.

a) The Church is an ideological centre for the spreading of European and American cultural and political awareness.
The Shrine is an ideological centre for the spreading of Afrikan cultural and political awareness.

b) The Church is a place where songs are rendered for worship.
The Shrine is a place where songs are rendered for worship.

c) The Church is a place where they collect money.
The Shrine is a place where we collect money.

d) The Church is a place where they drink while worshipping (« holy communion »).
The Shrine is a place where we drink while worshipping.

e) The Church is a place where they smoke during worship (burning of incense).
The Shrine is a place where we smoke during worship.

f) The Church is a place where they dress the way they like for worship.
The Shrine is a place where we dress the way we like for worship.

g) The Church is a place where they practice foreign religion.
The Shrine is a place where we practice Afrikan religion.

Fela Kuti

Afrika Shrine N’EST PAS UNE BOÎTE DE NUIT – c’est un endroit où nous pouvons vénérer les dieux de nos ancêtres.

a) L’Église est un centre idéologique pour la diffusion de la conscience culturelle et politique européenne et américaine.
Le Shrine est un centre idéologique pour la diffusion de la conscience culturelle et politique africaine.

b) L’Église est un endroit où les chansons ont une vocation cultuelle.
Le Shrine est un endroit où les chansons ont une vocation cultuelle.

c) L’Église est un endroit où ils collectent de l’argent.
Le Shrine est un endroit où nous collectons de l’argent.

d) L’Église est un endroit où ils boivent pendant le culte (Sainte communion).
Le Shrine est un endroit où nous buvons pendant le culte.

e) L’Église est un endroit où ils fument pendant le culte (fumigation d’encens).
Le Shrine est un endroit où nous fumons pendant le culte.

f) L’Église est un lieu où ils s’habillent comme ils le souhaitent pour le culte.
Le Shrine est un endroit où nous nous habillons comme nous le souhaitons pour le culte.

g) L’Église est un endroit où ils pratiquent une religion étrangère.
Le Shrine est un endroit où nous pratiquons une religion africaine.

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

C’est la fête c’est plus la fête… c’est la fête… (allégorie)
Gif anonyme inédit, XXIème siècle
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure .

02 juillet 2021

Cher journal, je suis si joyeuse et pleine d’une allégresse colossale : aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma plus fidèle amie ♡. Penser à elle m’emplit d’un suave bonheur, d’une joie exquise. Depuis ce matin je suis entrée dans une transe euphorique dans la perspective de la bamboche à venir. Je suis impatiente de la revoir, j’ai trop envie de sauter partout, de danser follement pour fêter la vie qui a fait croiser nos chemins. Je file changer de tenue, qu’elle soit flamboyante comme notre lien, qu’elle virevolte de plaisir, et que l’ivresse m’habille, ce soir nous brillerons d’une passion radieuse. Résonnez tambours, sonnez trompettes, c’est la fête !

L’inédit de la semaine : HipK

Il est déjà neuf heures, là ?

C’était notre premier invité sur ce blog, et ça nous a tellement plu que nous allons continuer à faire un bout de chemin ensemble. Alors, après Les Amusemens de François Couperin, après le Comité Bantou des Bantous de la Capitale, et après un détour par le festival en ligne Pointe Noire en Scène, re-revoici le merveilleux ♡ Fabe Beaurel Bambi ♡ aux percussions, dans une composition de Matthias : Hipk ! Ça groove, ça balance, ça transpire la cuivraille, ça pourrait être une chanson d’anniversaire, on a tellement envie de faire la fête avec vous… Mais d’ailleurs, on se retrouve bientôt en concert avec Beaurel : le 17 juillet à 19h à Montreuil ! C’est sur la place du Nouveau Théâtre de Montreuil, c’est le Banlieues Bleues Summer Camp, c’est une bonne auberge, et toutes les infos sont ici. Venez danser sous notre nez, enfin !

♡ Bienvenue aux nouvelles/aux Tipeuses/eurs du blog (toutes les infos ici), qu’iels soient ici infiniment remercié.e.s : Anne & François.

Quand nous plantons, quand nous tissons, quand nous écrivons, quand nous enfantons, quand nous organisons, quand nous soignons, quand nous courons à travers le parc, dans la brume exhalée par les séquoias, quand nous faisons ce que nous avons peur de faire, nous ne sommes pas seules. Nous sommes du monde et notre pouvoir-du-dedans est grand, même s’il n’est pas invincible. Si nous pouvons être blessés, nous pouvons soigner ; si chacun de nous peut être détruit, en nous il y a le pouvoir du renouveau. Et il est encore temps de choisir ce pouvoir-là.

Starhawk Rêver l’obscur : femmes, magie & politique

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

L’étrange pouvoir du renouveau
Gif anonyme inédit, XXIème siècle
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François.

04 juin 2021

Cher journal, j’aime voyager seule. Dans la solitude de mes errances, mes amies ne sont jamais loin, elles m’accompagnent dans un dialogue intérieur sans fin. Quand je traverse le désert, je pense à T., qui ne craint ni le soleil, ni sa chaleur. Gravissant un sommet, c’est à toi O. que je songe, aux ressources que tu déploies pour garder le moral, jusqu’à la crête. Si je bivouaque sur la neige ou sous la glace, I. me soutient et me réchauffe de sa malice et de son rire contagieux. Quand je me perds, dans la foule, dans la ville, sur des chemins désastreux, dans mon bulbe rachitique ou loin du cœur empathique d’une humanité délicate, c’est à vous toutes, complices, que je me cramponne, dans une prodigieuse orgie chimérique où s’entrelacent votre sève et mon essence. Finalement, je ne suis jamais seule, sauf peut-être quand je danse…

L’inédit de la semaine : Strates n°4

Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Mais non, c’est…

Matthias, tu serais partant pour inaugurer une série de solos pour le blog ? On ferait ça ensemble, mais c’est toi qui ferais tout : la compo, l’arrangement, le jouage, et puis comme ça, nous on te regarde, on t’écoute depuis la terrasse en buvant des coups, et on te dit ce qu’il faut faire quand on a rien à dire (on est fort pour ça !). Et promis, la semaine prochaine on échange, alors, tu dis oui ?
Bah vous en avez de la chance, aujourd’hui au menu, c’est trombone rappé en entrée, puis en plat, mijoté de trombone à la sourdine cuivrée, et enfin, dessert à coulisse et son café huilé-graissé. Une orgie pour les oreilles ! Ça s’appelle Strates n°4, et c’est chef Matthias Mahler qui vous régale. Attention, dansez en mangeant, mais pas n’importe comment…

Au passage, permettez-nous de vous annoncer la sortie de la playlist du mois de mai, avec les participations de Fabe Beaurel Bambi, Florent Hamon & Nicolas Gastard. Et aussi, nous avons l’immense plaisir d’accueillir les premier.e.s Tipeuses/eurs du blog (toutes les infos ici), qu’iels soient ici infiniment remercié.e.s : Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric.

A New York

– II –

Voici le temps des signes et des comptes
New York ! or voici le temps de la manne et de l’hysope.
Il n’est que d’écouter les trombones de Dieu, ton cœur battre au rythme du sang ton sang.
J’ai vu dans Harlem bourdonnant de bruits de couleurs solennelles et d’odeurs flamboyantes
– C’est l’heure du thé chez le livreur-en-produits-pharmaceutiques
J’ai vu se préparer la fête de la Nuit à la fuite du jour.
C’est l’heure pure où dans les rues, Dieu fait germer la vie d’avant mémoire
Tous les éléments amphibies rayonnants comme des soleils.
Harlem Harlem ! voici ce que j’ai vu Harlem Harlem !
Une brise verte de blés sourdre des pavés labourés par les pieds nus de danseurs Dans
Croupes de soie et seins de fers de lance, ballets de nénuphars et de masques fabuleux
Aux pieds des chevaux de police, les mangues de l’amour rouler des maisons basses.
Et j’ai vu le long des trottoirs, des ruisseaux de rhum blanc des ruisseaux de lait noir dans le brouillard bleu des cigares.
J’ai vu le ciel neiger au soir des fleurs de coton et des ailes de séraphins et des panaches de sorciers.
Écoute New York ! ô écoute ta voix mâle de cuivre ta voix vibrante de hautbois, l’angoisse bouchée de tes larmes tomber en gros caillots de sang
Écoute au loin battre ton cœur nocturne, rythme et sang du tam-tam, tam-tam sang et tam-tam.

Léopold Sédar Senghor, Éthiopiques

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

« (…) ton cœur battre au rythme du sang ton sang. »
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric.

28 mai 2021

Cher journal, qu’il est difficile de t’écrire encore ce soir… Mes pensées se télescopent, et mon humeur est si changeante. J’ai plutôt bon moral, je sens que l’ambiance est à la fête ici. J’ai bien l’impression qu’on va danser jusqu’à l’été, et que ça va faire du bien, y’a qu’à choisir la bonne playlist. Mais parfois une vague me soulève le cœur, et je suis envahie d’une révolte infinie contre la bêtise et l’injustice. Et souvent ces deux états, l’euphorie et l’affliction, m’habitent simultanément. Ça donne comme un goût amer à la fête, mais ça met de la joie dans les combats, et finalement c’est ça qu’est bien ! Allez, je mets mes plus belles sapes et je vais retrouver mes amies au soleil pour une  »danse de la lutte », enragée et vigoureuse !

L’inédit de la semaine : Comité Bantou

L’autre Bantou de l’autre capitale…

Attention, veuillez faire une ovation pour le retour de notre invité magistral, le merveilleux ♡ Fabe Beaurel Bambi ♡ aux djembé & percussions ! Nous entrons en résidence pour finaliser un répertoire bien dansant et festif, et bonne nouvelle, vous allez bientôt pouvoir guincher avec nous [joie indescriptible]. Tout d’abord devant votre ordinateur, avec le son à fond, grâce au festival en ligne Pointe-Noire en Scène du 19 au 21 Juin 2021. Et puis vous allez venir nombreux, très nombreux, au concert le 17 juillet prochain, devant le théâtre de Montreuil. Tous les renseignements sur notre site www.triojournalintime.com. Mais avant tout, petite mise en jambe avec cette version en quartet du Comité bantou des Bantous de la Capitale, rien que ça…

Ce Congo-là

Ce Congo-là
Des mil villas
Des mil viols
Des vols et des dols
Des scandales à perpette
Des limousines mal famées
Des jeeps aux vitres fumées
Pour partouzes filmées
En toute impunité
Sur des routes éventrées
En toute modernité

Ce Congo-là
Des dollars souillés
Des télés soulées
Des églises lubriques
Avec des dieux bavards
Au appétits effroyables
Aux spectacles enfants admis

Ce Congo-là
J’en suis lasse
Je m’en balance
Qu’il disparaisse
Ce Congo-là
N’est pas le mien

Mon Congo à moi
Il est dans les champs
Que remuent nos mères
Il est sur les sentiers de chasse
Que pistent nos pères
Dans les cartables avides
Des écoliers têtus qui
Sans bourse et panse vide
S’obstinent à compter et lire
Pour des lendemains incertains
Alors que certains les saignent

Mon Congo à moi
Le Congo de Kimpa Vita De Chebeya et d’Anuarite
De Uhuru et de Kimpwanza
De Kimbangu et de Lumumba
Le Congo des sangs versés
Des sueurs sur des fronts redressés
Le Congo crânement debout
Debout et fier et vaillant
Le Congo des hommes libres
Le Congo des femmes libérées
Le Congo des Congolais !


NGALYA DJUNGU URSULE DOUCE, Qu’attendez-vous qu’on vous dise encore ?

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Attention, regarder trop longtemps ce gif ne fait pas partie des 5 fruits et légumes par jour

07 mai 2021

Cher journal, je reviens de mon sport, bien transpirante et gonflée d’énergie. Sur le trajet j’ai croisé quelques animaux : des chevaux, des canards, un serpent, il ne manquait plus que les singes et les éléphants et je me serais crue au zoo, hihi ! Toutes ces bêtes sauvages, magnifiques, indomptées et libres, sans maître ni prophète, elles m’ont insufflé tout plein de vitalité. Graouw ! Je deviens une créature féroce et redoutable face à l’autorité oppressante. Que personne ne me dise quoi faire aujourd’hui, je suis libre, autonome et déchaînée ! Despote, passe ton chemin, petit chef disparaît, puissant souverain prends garde à mes griffes et mes crocs : je suis affamée de justice, assoiffée de solidarité, et d’une liberté insatiable… Grrrrr… C’est fou l’effet que ça me fait un petit footing.

La vidéo inédite de la semaine : Soundburning n°6

Ensemble on fait les fous, on dit bonjour aux animaux…

Cette semaine nous avons terminé la création de notre Livre de la Jungle, avec Florent Hamon et Nicolas Gastard, et ça nous met bien en joie, vois-tu ! Le spectacle sera visible à l’automne prochain, mais on peut déjà retrouver des extraits audios ici-même. Du coup, pour fêter ça, on t’a préparé une petite séance de peinture sonique que tu vas pouvoir danser dans ton salon, au rythme de Florent  »Big Chief » Hamon. Préviens tes voisins qu’il va se passer un truc dans le quartier, que tu peux rien dire de plus mais que ça va être fou de ouf. Attention, tous les coups sont permis !

Plaidoirie, 22 juin 1883

On a déjà fait bien des révolutions ! (…) Vous en verrez sans doute encore, et c’est pour cela que nous marchons pleins de confiance vers l’avenir ! Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime. Ce que nous voulons, c’est l’autorité de tous. M. l’avocat général m’accusait de vouloir être chef : j’ai trop d’orgueil pour cela, car je ne saurais m’abaisser et être chef c’est s’abaisser.

Louise Michel, Mémoires, tome I

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Le choix de la Tyrannie & le Feu de la délivrance,
allégorie libertaire anonyme inédite, XXIème siècle

30 avril 2021

Cher journal, assise sur une plage chimérique, je ferme les yeux et je suis un dauphin. Je quitte le rivage pour m’immerger dans le reflux des océans. Tout en m’engouffrant dans l’abîme des profondeurs marines, je plonge à l’intérieur, en mon cœur intime. J’y trouve une douce et paisible énergie. Ici règnent l’abondance et la plénitude. Loin des inquiétudes, je peux respirer sous l’eau, comme dans le ventre primitif. Je suis à la frontière de l’ancien et du nouveau. Bercée dans ce ventre-refuge, je suis doucement propulsée à mon commencement, quand ma vie n’était pas encore une lutte et que j’habitais une mer d’amour. J’éprouve une nouvelle existence, une mort, puis une renaissance. Parfois, nos passions sont mises à l’épreuve, et notre sensibilité est bouleversée, nos existences coincées entre un monde si changeant et l’impression progressive d’un temps qui rétrécit. Il est temps d’embrasser mon animal totem, de glisser avec lui, de lâcher prise et de laisser mes émotions affleurer, de les purifier. Une nouvelle énergie m’envahit. En cessant de chercher, je comprends, et la prise de conscience est totale, la mutation s’achève. J’accoste aux rives de mon évolution personnelle. Euphorique, je retrouve le sourire, je suis ouverte à tous les possibles. Je danse de joie.

La vidéo bonus de la semaine : Dronphine
L’inédit de la semaine : Protubérance œcuménique

Le retour du retour…

Et qui c’est que revoilà ? Mais oui, c’est lui, l’extraordinaire Yan Péchin , avec une proposition radicale une fois de plus. Après un Criminal World d’après David Bowie et un Nocturne n°8 tout à fait personnel, Yan nous rejoint pour un drone profond et régénérant, en forme de Protubérance œcuménique. Mille mercis l’ami, on en avait bien besoin ! A écouter à plein volume pour que les agents actifs fassent effet… Alors pour danser, me direz-vous ? Fermez-les yeux, vous répondrai-je !

Le désert

Cette lumière intérieure (…) peut être comparée à l’espace ; elle ne connaît pas de limites ; pourtant elle est toujours là, toujours auprès de nous, elle garde toujours sa sérénité et sa plénitude… On ne peut la saisir, et l’on ne peut s’en défaire ; elle va son propre chemin. On parle, et elle est silencieuse ; on demeure silencieux, et elle parle.

Aldous Huxley, Les portes de la perception

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Ecumenical Protuberence
Gif anonyme inédit, XXIème siècle

02 avril 2021

Cher journal, aujourd’hui je me suis fait enfermer dehors, à trois reprises, c’est fou ! Déjà ce matin à l’école, les grilles étaient fermées, j’arrivais trop tard. Mais en plus, ce midi, c’est la cantine close qui m’a contrainte à manger extra-muros. Rien d’ouvert dans le coin, super, un petit jeûne pour la forme, ça fait toujours des économies… La cerise dans la chaussure c’était ce soir : impossible de remettre la main sur mes clefs, porte close, nuit tombante, solitude & angoisse, recluse à l’extérieur ! Il y a vraiment des jours où on ferait mieux de rester chez soi. Finalement j’ai réussi à retrouver ma chambre grâce à Emsi & Lou qui venaient pour une soirée Sorcières. Ce matin, au réveil, j’avais peur de tourner en rond, ce soir on va danser en carré !

La vidéo bonus de la semaine : Drone de couloir
L’inédit de la semaine : Drone de Dames

Olev ua nimag el.

Et voilà, le premier trimestre est déjà terminé, nous avons fait un quart du chemin sur ce blog. Autant dire que la fête bat son plein ici, et qu’on aimerait qu’elle dure quinze ans encore ! Pour célébrer ça aujourd’hui, voici un morceau un peu plus long que d’habitude, mis en vidéo, et surtout avec de nouvelles invitées… Veuillez accueillir la magnifique team Witchduck : Marylou Abdelghani au saxophone ténor, et McG. à la flûte traversière ! On partage bien des choses depuis bien longtemps (spéciale dédicace à tou.te.s les Canard.e.s en Liberté), énorme plaisir de nous aventurer ensemble dans l’improvisation débridée. Merci les amies pour cet envoûtant voyage intérieur. Attention, aujourd’hui ça se danse à bicyclette, va falloir faire de la place dans ton salon.

Chapitre 1

(…) Je pensais à l’orgue qui faisait retentir la chapelle de ses accents et aux portes fermées de la bibliothèque ; et je pensais qu’il est bien désagréable d’être enfermé au-dehors ; puis je pensais qu’il est pire peut-être d’être enfermé dedans ; et, pensant à la sûreté et à la prospérité d’un sexe et à la pauvreté et à l’insécurité de l’autre et à l’effet de la tradition et du manque de tradition sur l’esprit d’un écrivain, je pensai enfin qu’il était temps de rouler en boule la vieille peau ratatinée de cette journée, avec ses raisonnements et ses impressions, et sa colère et ses rires, et de la jeter dans la haie. Mille étoiles brillaient dans la solitude du ciel bleu. On se sentait comme seul en compagnie d’une société impénétrable. Tous les êtres humains étaient endormis, étendus sur le ventre, horizontalement, sans voix.

VIRGINIA WOOLF, Une chambre a soi

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

26 février 2021

Cher journal, j’ai fait un stage de basket cette semaine. Intense et immersif. Je ne suis pas certaine d’aimer ça, j’ai des courbatures partout. Je suis un peu tombée aussi, mais je m’accroche. Heureusement que les repas sont généreusement garnis ! Hier c’était raclette, j’adore ça, je fais cuire des petits bouts de saucisse dedans, miam… Mes voisines de dortoir sont plutôt bruyantes, Nya se lève toutes les nuits pour boire, ça me réveille mais je l’aime bien quand même. Pour se détendre on danse parfois le soir. Demain, le thème de la boum c’est « Années 80 », j’espère qu’il y aura du Bowie. C’est ma dernière chance pour conclure avec Yan ♡

L’inédit de la semaine : Criminal World

Un mélange de tradition, de décadence et d’érotisme !

Cette semaine, un invité spécial pour vos oreilles et dans notre cœur : l’extraordinaire Yan Péchin aux guitares acoustique & électrique. On se connaît depuis un bout de temps maintenant, croisé en tournée avec Jacques Higelin, Hubert-Felix Thiéfaine, ou encore Brigitte Fontaine, il nous a ébloui sur scène aux côtés d’Alain Bashung, et on est bien heureux d’avoir enfin le plaisir de jouer en intimité avec lui. Merci Yan pour cette belle journée en ta compagnie ! Alors en plat du jour on sera sur du David Bowie qui lui même reprenait en hors-d’œuvre un tube du groupe Metro : Criminal World. A servir avec une petite Roussette de Savoie si vous aimez le fruit, ou une Mondeuse, plus tannique, pour les palais gourmands. Tu danses ?

You never told me of your other faces
You were the widow of a wild cat

And now I know about your special kisses
And I know you know where that’s at

I guess I recognise your destination
I think I see beneath your make-up

What you want is so separation
This is no ordinary, this is no ordinary

What a criminal world

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

12 février 2021

Cher journal, il neige et ça change tout. Que j’aime le bruit sourd de mes pas dans la poudreuse, le crissement des bottes sur la neige ! . . . Crsss . . . crsss . . . crsss . . . crsss . . . Et la petite flaque glacée que je m’amuse à briser tout doucement du bout de mon pied… Mmm… Bien au chaud dans ma chambre, par-delà ma fenêtre, j’aperçois quelques flocons épars qui tombent tels une pluie de cendre. Je ne sais plus ce que j’observe : scène funeste ou monde paisible ? Fines dentelles aux variations infinies, canevas psychédéliques tournoyants, je contemple avec nostalgie la douce valse des flocons. J’ai envie de revoir Bambi, je l’adore ♡

L’inédit de la semaine : Les Amusemens

Entrez dans la danse / Les soucis n’ont pas de chance…

La musique commence… avec un invité magistral, le premier du blog, le merveilleux Fabe Beaurel Bambi au djembé et petites percussions, merci de l’accueillir chaleureusement ! (collez ici : vous en liesse) Nous nous sommes rencontrés grâce à Fabienne Bidou à Pointe-Noire, Congo-Brazzaville, au cours de résidences inoubliables, et nous nous retrouverons bientôt sur scène, on vous tiendra au courant bien sûr. En attendant, Beaurel nous a fait l’honneur de passer au local jouer avec nous, un bonheur, et c’est donc sur Les Amusesmens (sic) de François Couperin que nous vous proposons de danser ensemble… La dernière fois, sur I Wan’na Be Like You, on a reçu une vidéo de claquettes en santiags sur le sable, très bien, merci VR. Cette fois-ci, qui nous enverra une vidéo de salsa sur glace ?

La Querole

Cele gent dont je vous parole
Estoient pris a la querole
Et une dame lors chantoit
Qui leesce apelee estoit ;
Bien sot canter et plesaument,
Ne nule plus avenaument
Ne plus bel ses refrais n’assist. (…)
Lors veïssiez querole aller
Et genz mignotement bauler
Et faire mainte bele treche
Et maint biau tour sot l’erbe fresche.


Guillaume De Lorris, Le Roman De La Rose

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Ces gens dont je vous entretiens
étaient occupés à danser la carole
et une dame qui s’appelait Liesse
chantait pour eux ;
elle savait bien chanter
et de manière plaisante,
et nulle autre n’aurait eu une façon
plus belle et plus seyante
de poser sa voix pour ses refrains. (…)
C’est alors que vous auriez pu
voir la carole tourner
et les gens danser joliment
et faire mainte belle figure
et maint beau tour sur l’herbe fraîche.

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

29 janvier 2021

Cher journal, je suis trop contente, ma tante Maud adorée vient d’avoir un bébé, j’ai trop hâte de le voir, il est trop mignon sur les photos ! Je vais lui chanter des chansons folles et danser sur les mains pour le faire rire. Avant-hier le docteur Hyks m’a posé des électrodes autour du crâne : il m’a dit que j’ai eu un épisode épileptique tonique ou quelque chose comme ça, et que c’est pour ça que j’ai des trous de mémoire et que je me réveille parfois dans des états bizarres. Il me conseille de faire attention à ce que je mange mais surtout à ce que je bois. Je préfère ma dentiste, avec elle au moins on peut rigoler.

L’inédit de la semaine : I Wan’na Be Like You

Oh woupidoo, houp douwi, hap didou-bidouap.

Bon alors en termes de vidéos on a pas reçu grand chose, quelque part ça nous rassure sur ta santé mentale. Là par contre je crois bien qu’il va falloir danser à fond ce we, danser comme des singes ! Du coup, on vous propose de faire les conques avec nous sur la chanson I Wan’na Be Like You, toujours des frères Sherman, et encore une fois issue du Livre de la Jungle. Dans notre version scénique vous pourrez voir Florent Hamon & Nicolas Gastard brûler le parquet dans une chorégraphie diabolique, mais pour ça va falloir patienter un peu… M’enfin, imagine que c’est la folie dehors, et qu’il te reste UNE danse avant le chaos, en attendant la destruction du Palais des Singes, bah nous on te propose la bande-son, tu fais suivre les vidéos ?

Je voudrais devenir un homme
Ce serait merveilleux
Vivre pareil aux autres hommes
Loin des singes ennuyeux

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

La Danse du Singe
Gif anonyme inédit, XXIème siècle