07 mai 2021

Cher journal, je reviens de mon sport, bien transpirante et gonflée d’énergie. Sur le trajet j’ai croisé quelques animaux : des chevaux, des canards, un serpent, il ne manquait plus que les singes et les éléphants et je me serais crue au zoo, hihi ! Toutes ces bêtes sauvages, magnifiques, indomptées et libres, sans maître ni prophète, elles m’ont insufflé tout plein de vitalité. Graouw ! Je deviens une créature féroce et redoutable face à l’autorité oppressante. Que personne ne me dise quoi faire aujourd’hui, je suis libre, autonome et déchaînée ! Despote, passe ton chemin, petit chef disparaît, puissant souverain prends garde à mes griffes et mes crocs : je suis affamée de justice, assoiffée de solidarité, et d’une liberté insatiable… Grrrrr… C’est fou l’effet que ça me fait un petit footing.

La vidéo inédite de la semaine : Soundburning n°6

Ensemble on fait les fous, on dit bonjour aux animaux…

Cette semaine nous avons terminé la création de notre Livre de la Jungle, avec Florent Hamon et Nicolas Gastard, et ça nous met bien en joie, vois-tu ! Le spectacle sera visible à l’automne prochain, mais on peut déjà retrouver des extraits audios ici-même. Du coup, pour fêter ça, on t’a préparé une petite séance de peinture sonique que tu vas pouvoir danser dans ton salon, au rythme de Florent  »Big Chief » Hamon. Préviens tes voisins qu’il va se passer un truc dans le quartier, que tu peux rien dire de plus mais que ça va être fou de ouf. Attention, tous les coups sont permis !

Plaidoirie, 22 juin 1883

On a déjà fait bien des révolutions ! (…) Vous en verrez sans doute encore, et c’est pour cela que nous marchons pleins de confiance vers l’avenir ! Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime. Ce que nous voulons, c’est l’autorité de tous. M. l’avocat général m’accusait de vouloir être chef : j’ai trop d’orgueil pour cela, car je ne saurais m’abaisser et être chef c’est s’abaisser.

Louise Michel, Mémoires, tome I

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Le choix de la Tyrannie & le Feu de la délivrance,
allégorie libertaire anonyme inédite, XXIème siècle

30 avril 2021

Cher journal, assise sur une plage chimérique, je ferme les yeux et je suis un dauphin. Je quitte le rivage pour m’immerger dans le reflux des océans. Tout en m’engouffrant dans l’abîme des profondeurs marines, je plonge à l’intérieur, en mon cœur intime. J’y trouve une douce et paisible énergie. Ici règnent l’abondance et la plénitude. Loin des inquiétudes, je peux respirer sous l’eau, comme dans le ventre primitif. Je suis à la frontière de l’ancien et du nouveau. Bercée dans ce ventre-refuge, je suis doucement propulsée à mon commencement, quand ma vie n’était pas encore une lutte et que j’habitais une mer d’amour. J’éprouve une nouvelle existence, une mort, puis une renaissance. Parfois, nos passions sont mises à l’épreuve, et notre sensibilité est bouleversée, nos existences coincées entre un monde si changeant et l’impression progressive d’un temps qui rétrécit. Il est temps d’embrasser mon animal totem, de glisser avec lui, de lâcher prise et de laisser mes émotions affleurer, de les purifier. Une nouvelle énergie m’envahit. En cessant de chercher, je comprends, et la prise de conscience est totale, la mutation s’achève. J’accoste aux rives de mon évolution personnelle. Euphorique, je retrouve le sourire, je suis ouverte à tous les possibles. Je danse de joie.

La vidéo bonus de la semaine : Dronphine
L’inédit de la semaine : Protubérance œcuménique

Le retour du retour…

Et qui c’est que revoilà ? Mais oui, c’est lui, l’extraordinaire Yan Péchin , avec une proposition radicale une fois de plus. Après un Criminal World d’après David Bowie et un Nocturne n°8 tout à fait personnel, Yan nous rejoint pour un drone profond et régénérant, en forme de Protubérance œcuménique. Mille mercis l’ami, on en avait bien besoin ! A écouter à plein volume pour que les agents actifs fassent effet… Alors pour danser, me direz-vous ? Fermez-les yeux, vous répondrai-je !

Le désert

Cette lumière intérieure (…) peut être comparée à l’espace ; elle ne connaît pas de limites ; pourtant elle est toujours là, toujours auprès de nous, elle garde toujours sa sérénité et sa plénitude… On ne peut la saisir, et l’on ne peut s’en défaire ; elle va son propre chemin. On parle, et elle est silencieuse ; on demeure silencieux, et elle parle.

Aldous Huxley, Les portes de la perception

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Ecumenical Protuberence
Gif anonyme inédit, XXIème siècle

23 avril 2021

Cher journal, j’adore les aventures collectives mais là je crois que je suis en manque d’action. Je suis consternée de danser seule encore. Je comble l’attente par des heures de veille, fatigue factice si peu satisfaisante. Aujourd’hui je suis las de mon inertie. Je me sens moitié louve, moitié canarde, déchirée entre l’envie de mordre le temps et celle de m’expatrier vers un ailleurs intérieur. Et si tous ces sentiments contradictoires n’étaient que le prologue d’une prodigieuse mutation ? Mon cœur change, et ce n’est pas sale… Cet après-midi j’ai vu tonton Mimax au téléphone, il danse bien. Une jambe à la fois et plutôt slowliment, mais c’est déjà une chouette nouvelle.

L’inédit de la semaine : Prélude n°2

Il n’y a pas de préliminaire.

Sans détour donc, voici le retour de la magnifique ♡ team Witchduck ♡ : Marylou Abdelghani au saxophone ténor électrifié, et McG. à la flûte traversière, yeah ! Toujours en liberté, la team mi-sorcière/mi-canard nous offre un Prélude n°2 pour quintet à vent, et c’est un grand honneur/bonheur ! Avec le retour de ces Drones de Dames notre cœur chavire et nos oreilles s’embrasent… En bonus, toujours pas de corbeaux cette semaine, mais un paquebot vénitien dans une vidéo minimaliste, riquiquimaliste même !
– Un prélude, ça se danse comment ? me demandait ma fille hier au soir.
– Comme ça ! lui répondis-je.
Et toi, tu guinches ça comment ?

June 1981, Storrs, Connecticut.

(…) I have suckled the wolfs lip of anger and I have used it for illumination, laughter, protection, fire in places where there was no light, no food, no sisters, no quarter. We are not goddesses or matriarchs or edifices of divine forgiveness; we are not fiery fingers of judgment or instruments of flagellation; we are women forced back always upon our woman’s power. We have learned to use anger as we have learned to use the dead flesh of animals, and bruised, battered, and changing, we have survived and grown and, in Angela Wilson’s words, we are moving on. (…)

Audre Lorde, The Uses of Anger : Women Responding to Racism

(…) J’ai léché les lèvres d’une louve, la colère, et je m’en suis servie pour illuminer, rire, protéger, mettre le feu en des lieux où il n’y avait ni lumière, ni nourriture, ni sœurs, en des lieux sans merci. Nous ne sommes pas des déesses, ni des matriarches, ni les édifices du pardon divin ; nous ne sommes pas les doigts de feu du jugement dernier, ni des instruments de flagellation ; nous sommes des femmes toujours obligées de nous interroger sur notre puissance de femmes. Nous avons appris à utiliser la colère comme on utilise la chair morte des animaux. Et blessées, maltraitées, en nous transformant, nous avons survécu et grandi, et selon les mots d’Angela Wilson, nous continuons notre chemin. (…)

Traduction Magali Calise 

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

La vidéo bonus de la semaine : La Grande Lagune

16 avril 2021

Cher journal, je crois que j’ai vécu une expérience transcendantale avec une amie hier. Elle m’a chanté une ballade en s’accompagnant au piano, mais quel choc ! Elle a commencé par fredonner un air entêtant, avant de se lancer dans un couplet improvisé, un poème instantané. La dissolution de mon esprit dans un temps infini et l’abandon total de mon corps au profit de sensations incroyablement savoureuses, m’ont laissée comme orpheline ce matin. Je n’imaginais pas pouvoir à ce point m’oublier dans une telle ivresse sonore. Je suis impatiente de la revoir pour l’entendre à nouveau. Je suis fana d’elle.

L’inédit de la semaine : Just Like Water

Elle est dans la place !

ATTENTION les ami.e.s : après le merveilleux Fabe Beaurel Bambi, l’extraordinaire Yan Péchin, après la magnifique team Witchduck Marylou Abdelghani & McG, place à une nouvelle invitée fabuleuse, l’étourdissante L (Raphaële Lanadère) au chant ! L nous a fait l’immense honneur de passer au studio pour une séance de rêve dont nous ne sommes pas encore complètement remis, et nous vous proposons aujourd’hui un titre de Lauryn Hill issu de l’album MTV Unplugged No. 2.0 : Just Like Water. On passe un short et on te retrouve dans 5 min sur le dancefloor, tu vas voir, ça coule de source et ça régénère sévère !

Just Like Water

Moving down the streams of my lifetime
Pools of fascination in my sleep
Cooling off the fire of my longing
Warming up my cold within his heat

Bouncing down the walls of inhibition
Evaporating all of my fears
Baptizing me to complete submission
Dissolving my condition with his tears

It’s just like the water
I ain’t felt this way in years
It’s just like the water, the water
I ain’t felt this way in years

Coursing through my senses, he’s prevailing
Floating through the space of my design
Drowning me, I find my insides sailing
Drinking in the mainstream of his mind

Filling up the cup of my emotions
Spilling over into all I do
If only I could get lost in his ocean
Surviving on the thought of loving you

It’s just like the water
I ain’t felt this way in years, in years
It’s just like the water, the water
I ain’t felt this way in years

Bathing in the fountain of his essence
He causes my expression to remain
Humbled on the mountain by his presence
Washing my intentions with his name

Sealing all the floodgates of his passion
Saving all his liquid for his own
Moisturizing me to satisfaction
In my imagination, oh no

He’s pouring out his soul to me for hours and hours
Drawing out my nature with his hands
Yearning, I’m so thirsty for his power
Burning to be worthy of his land

It’s just like the water
I ain’t felt this way in years, in years
It’s just like the water
I ain’t felt this way in years

Cleaning me, he’s purging me
And moving me around
He’s bathing and he’s cleaning me
And moving me around
Around, and around and around and around

Washing me, cleaning me
Moving me around
He’s purging me, he’s been cleaning me
And moving me around
And around
And around

Around
And around
Moving me around

LAURYN HILL

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Battements d’L d’une papillonne.

02 avril 2021

Cher journal, aujourd’hui je me suis fait enfermer dehors, à trois reprises, c’est fou ! Déjà ce matin à l’école, les grilles étaient fermées, j’arrivais trop tard. Mais en plus, ce midi, c’est la cantine close qui m’a contrainte à manger extra-muros. Rien d’ouvert dans le coin, super, un petit jeûne pour la forme, ça fait toujours des économies… La cerise dans la chaussure c’était ce soir : impossible de remettre la main sur mes clefs, porte close, nuit tombante, solitude & angoisse, recluse à l’extérieur ! Il y a vraiment des jours où on ferait mieux de rester chez soi. Finalement j’ai réussi à retrouver ma chambre grâce à Emsi & Lou qui venaient pour une soirée Sorcières. Ce matin, au réveil, j’avais peur de tourner en rond, ce soir on va danser en carré !

La vidéo bonus de la semaine : Drone de couloir
L’inédit de la semaine : Drone de Dames

Olev ua nimag el.

Et voilà, le premier trimestre est déjà terminé, nous avons fait un quart du chemin sur ce blog. Autant dire que la fête bat son plein ici, et qu’on aimerait qu’elle dure quinze ans encore ! Pour célébrer ça aujourd’hui, voici un morceau un peu plus long que d’habitude, mis en vidéo, et surtout avec de nouvelles invitées… Veuillez accueillir la magnifique team Witchduck : Marylou Abdelghani au saxophone ténor, et McG. à la flûte traversière ! On partage bien des choses depuis bien longtemps (spéciale dédicace à tou.te.s les Canard.e.s en Liberté), énorme plaisir de nous aventurer ensemble dans l’improvisation débridée. Merci les amies pour cet envoûtant voyage intérieur. Attention, aujourd’hui ça se danse à bicyclette, va falloir faire de la place dans ton salon.

Chapitre 1

(…) Je pensais à l’orgue qui faisait retentir la chapelle de ses accents et aux portes fermées de la bibliothèque ; et je pensais qu’il est bien désagréable d’être enfermé au-dehors ; puis je pensais qu’il est pire peut-être d’être enfermé dedans ; et, pensant à la sûreté et à la prospérité d’un sexe et à la pauvreté et à l’insécurité de l’autre et à l’effet de la tradition et du manque de tradition sur l’esprit d’un écrivain, je pensai enfin qu’il était temps de rouler en boule la vieille peau ratatinée de cette journée, avec ses raisonnements et ses impressions, et sa colère et ses rires, et de la jeter dans la haie. Mille étoiles brillaient dans la solitude du ciel bleu. On se sentait comme seul en compagnie d’une société impénétrable. Tous les êtres humains étaient endormis, étendus sur le ventre, horizontalement, sans voix.

VIRGINIA WOOLF, Une chambre a soi

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

19 mars 2021

Cher journal, je vois des amies partout. Au cinéma, au restaurant, dans les musées, et même dans l’avion… C’est troublant toutes ces anonymes qui me sourient d’un regard complice et semblent me reconnaître, sans que je n’ai aucun souvenir d’elles. Il est bientôt deux heures du matin, je n’arrive toujours pas à dormir. Cela fait plusieurs mois que cette nuit sans fin me tient éveillée. Des flashs furtifs m’hypnotisent et je ne suis plus moi-même. Une autre demande à sourdre. J’ai parfois l’impression qu’elle prend le contrôle en mon absence, et je brûle de goûter celle qui émergera de cette effroyable mutation. Je suis sage, mais qui suis-je quand je rêve ? Qu’avons-nous à craindre de moi ? Et si la question n’était pas qui serai-je, mais combien suis-je ?

L’inédit de la semaine : Nocturne n°8

¿’ Furvent, ceux qui vont mûrir te saluent !

La citation est tirée du chef-d’œuvre La Horde du Contrevent, livre phénoménal d’Alain Damasio, qui nous accompagne depuis la création du trio il y a quinze ans déjà, choc littéraire dont les secousses nous remuent encore violemment aujourd’hui, et pour l’éternité. Il fallait bien cela pour accompagner notre Nocturne n°8, écho érotico-décadent au Nocturne n°2 du 22 janvier, concocté avec le si délicat Yan Pechin à la guitare électrique (de retour ici après notre Criminal World du 26 février), qu’il en soit ici encore infiniment remercié. C’est pas si simple à danser, mais tu as tellement de ressources qu’on a hâte de voir comment tu t’en sors. Hauts les cœurs et les genoux, on a toute la nuit devant nous !

XVI. Norska, à travers l’échancrure

π (…) Qu’importe où nous allons, honnêtement. Je ne le cache pas. De moins en moins. Qu’importe ce qu’il y a au bout. Ce qui vaut, ce qui restera n’est pas le nombre de cols de haute altitude que nous passerons vivants. N’est pas l’emplacement où nous finirons par planter notre oriflamme, au milieu d’un champ de neige ou au sommet d’un dernier pic dont on ne pourra plus jamais redescendre. N’est plus de savoir combien de kilomètres en amont du drapeau de nos parents nous nous écroulerons ! Je m’en fiche ! Ce qui restera est une certaine qualité d’amitié, architecturée par l’estime. Et brodée des quelques rires, des quelques éclats de courage ou de génie qu’on aura su s’offrir les uns aux autres. Pour tout ça, les filles et les gars, je vous dis merci. Merci.

ALAIN DAMASIO, La Horde du Contrevent

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Petit jeu : sauras-tu trouver la différence entre ces deux photos ?
Bonus extra : Maya Angelou & Antonio Vivaldi

26 février 2021

Cher journal, j’ai fait un stage de basket cette semaine. Intense et immersif. Je ne suis pas certaine d’aimer ça, j’ai des courbatures partout. Je suis un peu tombée aussi, mais je m’accroche. Heureusement que les repas sont généreusement garnis ! Hier c’était raclette, j’adore ça, je fais cuire des petits bouts de saucisse dedans, miam… Mes voisines de dortoir sont plutôt bruyantes, Nya se lève toutes les nuits pour boire, ça me réveille mais je l’aime bien quand même. Pour se détendre on danse parfois le soir. Demain, le thème de la boum c’est « Années 80 », j’espère qu’il y aura du Bowie. C’est ma dernière chance pour conclure avec Yan ♡

L’inédit de la semaine : Criminal World

Un mélange de tradition, de décadence et d’érotisme !

Cette semaine, un invité spécial pour vos oreilles et dans notre cœur : l’extraordinaire Yan Péchin aux guitares acoustique & électrique. On se connaît depuis un bout de temps maintenant, croisé en tournée avec Jacques Higelin, Hubert-Felix Thiéfaine, ou encore Brigitte Fontaine, il nous a ébloui sur scène aux côtés d’Alain Bashung, et on est bien heureux d’avoir enfin le plaisir de jouer en intimité avec lui. Merci Yan pour cette belle journée en ta compagnie ! Alors en plat du jour on sera sur du David Bowie qui lui même reprenait en hors-d’œuvre un tube du groupe Metro : Criminal World. A servir avec une petite Roussette de Savoie si vous aimez le fruit, ou une Mondeuse, plus tannique, pour les palais gourmands. Tu danses ?

You never told me of your other faces
You were the widow of a wild cat

And now I know about your special kisses
And I know you know where that’s at

I guess I recognise your destination
I think I see beneath your make-up

What you want is so separation
This is no ordinary, this is no ordinary

What a criminal world

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

12 février 2021

Cher journal, il neige et ça change tout. Que j’aime le bruit sourd de mes pas dans la poudreuse, le crissement des bottes sur la neige ! . . . Crsss . . . crsss . . . crsss . . . crsss . . . Et la petite flaque glacée que je m’amuse à briser tout doucement du bout de mon pied… Mmm… Bien au chaud dans ma chambre, par-delà ma fenêtre, j’aperçois quelques flocons épars qui tombent tels une pluie de cendre. Je ne sais plus ce que j’observe : scène funeste ou monde paisible ? Fines dentelles aux variations infinies, canevas psychédéliques tournoyants, je contemple avec nostalgie la douce valse des flocons. J’ai envie de revoir Bambi, je l’adore ♡

L’inédit de la semaine : Les Amusemens

Entrez dans la danse / Les soucis n’ont pas de chance…

La musique commence… avec un invité magistral, le premier du blog, le merveilleux Fabe Beaurel Bambi au djembé et petites percussions, merci de l’accueillir chaleureusement ! (collez ici : vous en liesse) Nous nous sommes rencontrés grâce à Fabienne Bidou à Pointe-Noire, Congo-Brazzaville, au cours de résidences inoubliables, et nous nous retrouverons bientôt sur scène, on vous tiendra au courant bien sûr. En attendant, Beaurel nous a fait l’honneur de passer au local jouer avec nous, un bonheur, et c’est donc sur Les Amusesmens (sic) de François Couperin que nous vous proposons de danser ensemble… La dernière fois, sur I Wan’na Be Like You, on a reçu une vidéo de claquettes en santiags sur le sable, très bien, merci VR. Cette fois-ci, qui nous enverra une vidéo de salsa sur glace ?

La Querole

Cele gent dont je vous parole
Estoient pris a la querole
Et une dame lors chantoit
Qui leesce apelee estoit ;
Bien sot canter et plesaument,
Ne nule plus avenaument
Ne plus bel ses refrais n’assist. (…)
Lors veïssiez querole aller
Et genz mignotement bauler
Et faire mainte bele treche
Et maint biau tour sot l’erbe fresche.


Guillaume De Lorris, Le Roman De La Rose

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Ces gens dont je vous entretiens
étaient occupés à danser la carole
et une dame qui s’appelait Liesse
chantait pour eux ;
elle savait bien chanter
et de manière plaisante,
et nulle autre n’aurait eu une façon
plus belle et plus seyante
de poser sa voix pour ses refrains. (…)
C’est alors que vous auriez pu
voir la carole tourner
et les gens danser joliment
et faire mainte belle figure
et maint beau tour sur l’herbe fraîche.

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.