31 décembre 2021

Cher journal, je t’écris depuis un an déjà. Pour fêter ça, ce soir je vais faire la fête avec mes meilleures amies, mes héroïnes, elles me soutiennent et ça me fait tellement chaud au cœur de les savoir à mes côtés, je les adore ! Ça va être dingue cette soirée : il y aura Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier. On retrouvera plein d’autres copaines sur le dancefloor bien sûr, et je les aime aussi ! ♡

L’inédit de la semaine : Eros Therapy

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1…

Quel Marathon ! Immense merci à nos tipeuses/eurs, et à touste celleux qui nous ont encouragés par de si doux messages… C’est vous qui nous avez fait tenir, avec ce lien intense que nous avons découvert ensemble au fil de toutes ces semaines. Merci d’avoir été fidèles au rendez-vous, on se retrouve tout bientôt ici même… Allez, c’est pas encore l’heure des bilans, là faut danser, bamboche pour tout le monde ! Tiens, sur le son du jour, Eros Therapy, mis en forme par Frédéric, tu va pouvoir chanter, improviser avec tes binious, et bien sûr guincher toute la nuit dessus, c’est une musique dont tu es le héro.ïne ! Alors filme-nous tout ça et fait tourner la cassette, en échange on te met la vidéo de notre dernière soirée au local, tu vas voir y avait du monde !

La vidéo bonus de la semaine : HASTA SIEMPRE, SUBCOMANDANTE

Marcos, La dignité rebelle

Le zapatisme, plus qu’un exemple à suivre, est un symptôme. L’insurrection du 1er janvier 1994 signifie qu’une partie de la population d’Amérique latine refuse d’accepter la logique d’une disparition silencieuse. Le zapatisme n’est pas la règle qui dit aux indigènes des autres pays ce qu’ils doivent faire. Nous partageons plutôt le même sentiment de marginalisation et d’exclusion. Ainsi que la volonté de résistance qui nous pousse à dire : nous ne voulons pas que le monde continue sans nous, nous ne voulons pas disparaître. Mais nous ne voulons pas non plus cesser d’être ce que nous sommes. C’est un processus d’affirmation de notre différence. La lutte des indigènes d’Amérique latine c’est la volonté d’affirmer : nous voulons faire partie de l’histoire nouvelle, de l’histoire du monde ; nous avons quelque chose à dire et nous ne sommes pas disposés à être ce que vous voulez que nous soyons. Nous ne voulons pas nous transformer en sujets dont la valeur sur l’échelle sociale serait déterminée par le pouvoir d’achat et le pouvoir de production.

Ignacio Ramonet & le sous-commandant Marcos

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Mille mercis à nos ami.e.s musicien.ne.s qui sont passé cette année sur le blog, on vous adore ! ♡ Raphaëlle  »L » Lanadère Yann Péchin Marylou Abdelghani & McG Nicolas Gastard Florent Hamon Fabe Beaurel Bambi On se retrouve l’année prochaine ?

ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier.

03 décembre 2021

Cher journal, c’est par la morsure du froid que je prends conscience du changement qui m’accable. L’hiver approche, la lumière du jour se fait de plus en plus discrète, la ville s’englue dans une grisaille qui s’installe sournoisement. Depuis quelques jours au réveil, j’ai du mal à redémarrer mon système nerveux central, et je comprends à grande peine que mon corps demande à tourner au ralenti. Mes nuits sont habitées de rêves pénibles, sans soleil ni plaisir, au cours desquels je ne fait qu’achopper sur des détails insignifiants. Mes journées sont faites de fatigue, l’asthénie s’installe mollement, l’apathie est en embuscade. Mon appétit est dans le coma, mon désir s’atrophie. Un frémissement murmure à travers ma fenêtre. J’entr’ouvre, la fraîcheur me saisit, ma peau se contracte, mes yeux s’embuent. Le murmure s’est transformé en mélodie, je connais cette chanson. Elle réveille en moi un plaisir enfantin, une joie simple, un souvenir candide. Je sens un sourire affleurer. Dans ma chair engourdie, la chaleur vient de mon cœur. Me jambes gigotent, je marmonne, l’énergie afflue ; je sautille franchement en susurrant de plus en plus précisément, le bonheur monte, violemment… J’implose… Je danse ! Je chante ! Que c’est bon !

L’inédit de la semaine : The Bare Necessities

Riez, sautez, dansez, chantez…

Vous les reconnaissez ? Revoilà Florent & Nicolas, nos vaillants acolytes, toujours plus frais, toujours plus fous ! Ils sont de retour pour Le Livre De La Jungle. Aujourd’hui c’est avec Nicolas Gastard à la batterie que nous vous proposons une version anti-gel de la chanson de Baloo, The Bare Necessities, de Terry Gilkyson. Pour ceux que ça amuse, on vous a proposé une version intermédiaire il y a quelque temps, Crazy In Krump, avec des bouts de Beyonce dedans, vous pouvez jouer au jeu des différences, ça vous changera des chiffres et des lettres… Et bonne nouvelle : vous allez pouvoir venir voir le spectacle à La Dynamo de Banlieues Bleues les 11 et 12 décembre prochains ! C’est gratuit, il reste quelques places, des jus et des tartes, réservation et bonne humeur obligatoires. Cœur, étoile, cœur.

P.S. : pour Noël, offrez un abonnement au site, on est pas fatigués, on continue l’année prochaine, yeah !

The Bare Necessities

Look for the bare necessities
The simple bare necessities
Forget about your worries and your strife
I mean the bare necessities
Old Mother Nature’s recipes
That brings the bare necessities of life

Wherever I wander, wherever I roam
I couldn’t be fonder of my big home
The bees are buzzin’ in the tree
To make some honey just for me
When you look under the rocks and plants
And take a glance at the fancy ants
Then maybe try a few

The bare necessities of life will come to you
They’ll come to you!

Look for the bare necessities
The simple bare necessities
Forget about your worries and your strife
I mean the bare necessities
That’s why a bear can rest at ease
With just the bare necessities of life

Now when you pick a pawpaw
Or a prickly pear
And you prick a raw paw
Well, next time beware
Don’t pick the prickly pear by the paw
When you pick a pear
Try to use the claw
But you don’t need to use the claw
When you pick a pear of the big pawpaw;
Have I given you a clue?

The bare necessities of life will come to you
They’ll come to you!

« So just try and relax, yeah cool it
Fall apart in my backyard
‘Cause let me tell you something, little britches
If you act like that bee acts – uh-uh
You’re working too hard
And don’t spend your time lookin’ around
For something you want that can’t be found »
When you find out you can live without it
And go along not thinkin’ about it
I’ll tell you something true

The bare necessities of life will come to you

Terry Gilkyson, The Jungle Book

Il en faut peu pour être heureux
Vraiment très peu pour être heureux
Il faut se satisfaire du nécessaire
Un peu d’eau fraîche et de verdure
Que nous prodigue la nature
Quelques rayons de miel et de soleil.


Je dors d’ordinaire sous les frondaisons
Et toute la jungle est ma maison
Toutes les abeilles de la forêt
Butinent pour moi dans les bosquets
Et quand je retourne un gros caillou
Je sais trouver des fourmis dessous.
Essaye c’est bon, c’est doux, oh!


Il en faut vraiment peu,
Très peu pour être heureux!
Mais oui!
Pour être heureux.


Il en faut peu pour être heureux
Vraiment très peu pour être heureux
Chassez de votre esprit tous vos soucis
Prenez la vie du bon côté
Riez, sautez, dansez, chantez
Et vous serez un ours très bien léché!


Cueillir une banane, oui
Ça se fait sans astuce


Aïe!
Mais c’est tout un drame
Si c’est un cactus
Si vous chipez des fruits sans épines
Ce n’est pas la peine de faire attention
Mais si le fruit de vos rapines
Est tout plein d’épines
C’est beaucoup moins bon!
Alors petit, as-tu compris?
Il en faut vraiment peu,
Très peu, pour être heureux!
Pour être heureux?
Pour être heureux!


Et tu verras qu’ tout est résolu
Lorsque l’on se passe
Des choses superflues
Alors tu ne t’en fais plus.
Il en faut vraiment peu, très peu, pour être heureux.


Il en faut peu pour être heureux
Vraiment très peu pour être heureux
Chassez de votre esprit
Tous vos soucis … Youpi
Prenez la vie du bon côté
Riez, sautez, dansez, chantez
Et vous serez un ours très bien léché
Waouh
Et vous serez un ours très bien léché.


Youpi!

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Tiercé dans le désordre : Mowgli, Baloo, Bagheera, Shere Khan & Colonel Hathi.
Indice pour retrouver Mowgli : il porte un slip rouge.
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei.

19 novembre 2021

Cher journal, quand la douceur automnale s’éloigne dans une brume opaque et vaporeuse, quand le jour cède prématurément son après-midi à l’obscurité teintée de la nacre sélénite, quand les vitrines scintillent au rythme du ballet anarchique des automobiles frémissantes, je ressens l’appel impérieux de la fête. Mais la fatigue est là aussi, elle prend ses quartiers, cherche à s’imposer. Ne pas se laisser envahir. Bouger, faire circuler l’énergie, rester tonique, alerte et vive, vivante. Danser, encore, vigoureusement, encore, généreusement, encore. Danser, toujours.

L’inédit de la semaine : Swaag At Club

Chante, danse et mets tes baskets…

Retour en trio pour une danse sauce chutney-menthe, so british, avec ce qu’il faut d’épices penjabies : voici Swaag At Club qui vous souhaite la bienvenue à l’anglaise, en Hindi. Vestiges d’un travail préparatoire, il s’agit d’une sorte de préquel à Chicha Club, peut-être arriverez-vous à reconnaître les connexions, nous on trouve que c’est tout pareil, en différent… Sur une idée originale de Matthias, une proposition de montage de Sylvain, le tout mixé-bouncé par Frédéric, un vrai travail collectif ! Cravate sous le gilet, veste à carreau, kilt et rien dessous, te voilà d’attaque pour la séance PC (personal clubbing) du vendredi. Swaaaaaag !

Ce que je pense de la danse

Je place aussi, dans mon école, des formes de jeunes filles dansant, courant, sautant ; ces jeunes filles de Sparte qui, dans les gymnases étaient entrainées aux durs exercices, afin qu’elles puissent devenir les mères de guerriers héroïques ; ces légères coureuses qui prenaient part aux jeux annuels, exquises images de terre cuite, aux voiles volants, aux vêtements flottants ; jeunes filles dansant la main dans la main, aux Panathénées. Elles représentent le but futur à atteindre ; et les élèves de l’école, apprenant à ressentir un intime amour de ces formes, s’efforcent chaque jour à leur ressembler, s’imprègnent chaque jour un peu plus du secret de cette harmonie ; car je crois que c’est seulement en éveillant la ferme volonté, de la beauté, qu’on peut obtenir la beauté.

Isadora Duncan

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Dames en bleu
Fresque anonyme, XVème siècle av. J.-C.
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei.

12 novembre 2021

Cher journal, je t’écris bien tard car je suis retournée au concert aujourd’hui et c’était formidable ! L’impression d’être vivante, enfin. L’attente était longue, la libération fut intense. J’ai pu danser follement désinhibée, totalement libérée, emportée par la vibration. Je sentais dans l’air l’électricité invisible, cette énergie sombre qui emplissait la salle et qui unit les musiciennes au public. La puissance mystique des timbres directement perçue par mes oreilles, sans intermédiaire numérique, sans interface autre que mon corps : quel choc ! Je suis entrée en transe, me suis perdue dans l’immensité sensorielle, ai voyagé entre les cordes infimes qui pulsent en modelant l’infini. Je me souviens à peine de la fin du concert tellement j’étais une rêveuse illuminée, comme aspirée entièrement dans le grand bruit blanc. Banzai, j’y retourne demain !

La vidéo inédite de la semaine : Wa Mambu Live

Hé, Marcelloooo !

Quel bonheur de vous revoir en chair, en os et en écorces ! Et de vous voir danser comme ça, quel plaisir !!! Du coup on ne résiste pas à la tentation de partager un tout petit bout de notre concert de mardi dernier à La Dynamo de Banlieues Bleues. Des partenaires fidèles et précieux, immense merci à toute l’équipe de La Dynamo. Aujourd’hui nous vous faisons entendre et voir l’introduction de la soirée, le morceau Wa Mambu composé avec l’indispensable Fabe Beaurel Bambi. On a changé une mesure par rapport à la version studio postée ici il y a quelques semaine, sauras-tu la retrouver ? Pour voir la suite ce sera sur place, la prochaine fois, et dire que l’on a hâte d’y être, au prochain concert, c’est un énorme euphémisme :))

Speaking Tree

I had a beautiful dream I was dancing with a tree.
—Sandra Cisneros


Some things on this earth are unspeakable:
Genealogy of the broken—
A shy wind threading leaves after a massacre,
Or the smell of coffee and no one there—

Some humans say trees are not sentient beings,
But they do not understand poetry—

Nor can they hear the singing of trees when they are fed by
Wind, or water music—
Or hear their cries of anguish when they are broken and bereft—

Now I am a woman longing to be a tree, planted in a moist, dark earth
Between sunrise and sunset—

I cannot walk through all realms—
I carry a yearning I cannot bear alone in the dark—

What shall I do with all this heartache?

The deepest-rooted dream of a tree is to walk
Even just a little ways, from the place next to the doorway—
To the edge of the river of life, and drink—

I have heard trees talking, long after the sun has gone down:

Imagine what would it be like to dance close together
In this land of water and knowledge. . .
To drink deep what is undrinkable.


Joy Harjo, Conflict Resolution for Holy Beings

L’arbre qui parle

J’ai fait un beau rêve où je dansais avec un arbre
—Sandra Cisneros


Sur cette terre certaines choses sont indicibles
La généalogie des cassures
Un vent timide qui soulève les feuilles après un massacre
Ou le parfum du café alors qu’il n’y a personne en vue


Certains humains disent que les arbres ne sont pas des êtres sensibles
Mais ils ne comprennent pas la poésie


Ils n’entendent pas davantage la chanson des arbres quand ils sont nourris par

La musique du vent ou de l’eau
Pas plus que leurs cris d’angoisse quand ils sont cassés ou dépossédés

Aujourd’hui, je suis une femme qui aspire à être un arbre, planté dans une terre humide et sombre
Entre l’aube et le crépuscule


Je ne peux traverser tous les règnes
Je porte seule dans le noir une aspiration trop lourde pour moi


Que dois-je faire de tant de chagrin ?


Le rêve le plus profondément enraciné de l’arbre est de marcher
Faire juste un peu de chemin, aller de la proximité de la porte
Jusqu’au bord de la rivière de la vie et d’y boire


J’ai entendu des arbres parler, longtemps après le coucher du soleil :


Imagine ce que serait danser tout près l’un de l’autre
À même ce pays d’eau et de savoir…
Boire à grands traits l’imbuvable
.

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Beaurel, Frédéric, Sylvain, Matthias, La Dynamo & le plaisir.
Photo de David Lantran, mille mercis pour ces clichés !
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei.

05 novembre 2021

Cher journal, ce matin encore je fus prise d’un intense et irrépressible désir de danser. Cette fois-ci la crise était plus violente. Je sentais bien que rien ne me calmerait, qu’il faudrait finalement céder à cette pulsion souveraine. Sortant du lit, mes pieds glissants sur le sol glacé commençaient déjà à frémir, et, m’approchant de la platine vinyle, ce sont mes genoux qui se mirent à trembler. La fièvre montait, je devais me hâter. Je me mis à fouiller fébrilement dans la pile de disques. Promesses grand format de plaisirs intenses, les larges pochettes défilaient à grande vitesse : il fallait faire un choix et le faire vite. Mon ventre se convulsait sous les saillies de mon cœur en pleine montée d’adrénaline. Mes épaules tressaillaient à leur tour, quand un disque s’imposa à mes rétines. Aucun doute, enchaîner, agir vite, sortir la galette de son fourreau, la déposer hâtivement mais délicatement sur la feutrine. La courroie se met en marche, le bras mécanique s’élève au ralenti, effectue sa rotation précise avant de plonger dans le microsillon, crépitements, derniers instants de silence, attente fébrile interminablement courte, le corps impossible à contenir, convulsions, effervescence, ivresse… Puis, soudain, le son… Déflagration émotionnelle… La vibration envahit tout l’espace, j’entre dans une nouvelle dimension. Je lâche prise, le corps s’exprime, soulage l’esprit, la liberté est totale, le bonheur intense. Je viens de gagner dix points de vie !

L’inédit de la semaine : SogoogoS

In girum imus nocte ecce et consumimur igni

« Matthias à la composition + Beaurel aux percussions = épidémie de danse garantie ! » C’est l’équation qu’on a choisie pour cette semaine, marquée par deux concerts avec ce nouveau quartet : dimanche 07 novembre à Latour-De-France (66) et mardi 09 novembre à la Dynamo de Banlieues Bleues (93) (cliquez sur les liens pour plus d’infos). On y jouera tous les morceaux inédits que vous avez pu entendre ici ou là, dont ce SogoogoS écrit par Matthias. C’est pas que tu veuilles danser, c’est que t’as pas le choix, ton corps réclame sa dose, faut qu’tu remues tout ça, et le Docteur est là pour toi. Prescription sur ordonnance : un vol direct pour le septième groove. Dernier rappel pour les passagers des concerts Journal Intime & ♡ Fabe Beaurel Bambi, embarquement immédiat, réservations conseillées, décollage imminent. Tu montes ?

12

Sous son minuscule galure ridicule et roi en la fournaise où il n’a plus une goutte de sa bière pour se désaltérer, un doute environne le brasseur Ammeister et la peur circule autour de lui, mais il ordonne quand même à son troisième adjoint, portant le grand sceau officiel et le titre de secretarius :
— Promulguez un arrêté interdisant formellement de danser à l’extérieur jusqu’au 29 septembre, date de la Saint-Michel. Ajoutez aussi : « sous peine d’amende de deux florins ». Ce n’est pas que je veux faire l’évêque mais ça fera toujours rentrer un peu de sous dans les caisses.
— Ammeister, la quasi-totalité des Strasbourgeois n’ont plus d’argent.
— Ah oui, c’est vrai. Alors menacez-les de prison où ils seront réduits au pain sec.
— Du pain sec ? Ils en rêvent ! Nous ne pourrons pas tous les encager. On manquera de place.
— En ce qui concerne la musique, change de sujet Drachenfels, même siffler le long des rues sera banni. Des détachements de cavalerie légère chargeront les musiciens.
— Nous n’avons plus de chevaux à l’intérieur de nos remparts, Ammeister. Nos cavaliers, n’ayant pas toucher leur solde depuis janvier, les ont mangés.

Jean Teulé, Entrez dans la danse

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Sylvain, Beaurel, Frédéric & Matthias saiht tam & ciré dér fleru a ebni avlys.
N’est palindrome qui veut – cqfdfqc
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei.

15 octobre 2021

Cher journal, depuis quelques jours je suis endiguée en béatitude. Engourdie dans mon euphorie, je ne suis plus perméable aux autres. Cet état m’isole, sans pour autant me paralyser. Rien ne me dérange, tout me va, je ne suis pas indifférente mais la légèreté qui me porte m’éloigne de la pesanteur ambiante. Je ris seule, de rien, de tout, de moi, de mon rire. C’est plutôt agréable, mais si fatiguant ! Pour retrouver ma lucidité j’ai besoin d’un exorcisme, d’un désenvoûtement (et assurément d’un peu de repos). Afin de conjurer mon sort, le docteur Hyks m’a recommandé de compter sur mon appétence musicale et sur le pouvoir thérapeutique du son. Il m’a prescrit une playlist qui devrait me rendre au monde des vivants. Je commence le traitement tout de suite...

L’inédit de la semaine : Wa Mumba

Écoute les choses !

La révélation du blog, aux côtés de nos précieuses.eux invité.e.s, ♡♡♡ l’étourdissante Raphaëlle  »L » Lanadère, les magnifiques Marylou Abdelghani & McG, l’extraordinaire Yann Péchin ♡♡♡, c’est bien sûr l’indispensable Fabe Beaurel Bambi ! Il est de retour avec une composition collective sur un texte personnel : Wa Mumba. Beaurel va squatter le blog quelques semaines encore, nous sommes en train de vous concocter une proposition discographique en quartet, et vous pourrez nous écouter tout bientôt en concert, youpi ! Rendez-vous le mardi 09 novembre à la Dynamo de Banlieues Bleues, à Pantin (93), toutes les infos ici. Ça va groover, transpirer, fatiguer les jambes, il y aura du rire et des larmes, ça va saigner sous les pieds. Et toi tu vas rester chez toi, sur ton canapé ? Je n’crois pas, non…

Wa Mumba

Ilé yalé lalé oh oh
Yalé lulu tu tsé tadi oh
Ni na lela komité na ko
Ki na yeulé bu sé
Kani késaka

Kanda dwa boni tella mio
Kanda dwa boni tella mio

Wené mana osé
Oh yele lala ina baladosé

Kwiza vumbuka kwiza wa mambu yeyi
Mambu yeyi beto ké wa kutuba samu wa beno
Ba npangui béno kuwa mambu

Kwiza kuwa marcelo
Kinilé ka kuenda kata tuka mama

Ah wé ngué kuwa mambu belo
Ké wa ku zonza samy na ngué
Ngué na kuwa vé
Eh mama

Marcelo

Ah mé ngué kuiza kuwa mambu eh eh

Tia wiri samu
Tia wiri samu
Tia wiri samu

Fabe Beaurel Bambi

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

« Ni na lela komité »
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien.

24 septembre 2021

Cher journal, des traces fantomatiques s’animent autour de moi. L’air s’étouffe en silence. L’absence prend vie en creux, souvenir altéré aussi flou qu’impalpable. A travers une ronde spectrale inaudible, je perçois le bourdonnement d’un monde harmonieux. Comme si, derrière la fenêtre brisée de mes échecs, je pouvais entrevoir un lieu mythique, théâtre fantastique, foyer de mes fantasmes hallucinés. Mais déjà la lumière s’effondre, l’image merveilleuse s’efface dans une stupéfiante douceur, me laissant seule à nouveau, accompagnée des ruines fuyantes du tombeau de mes chimères.

L’inédit de la semaine : Pianoless Failure

Équinoxe again.

On reste en trio cette semaine, pour ce Pianoless Failure inédit, encore une fois écrit à trois paires d’oreilles. Frédéric, Matthias & Sylvain vous proposent une petite danse automnale, doucement tournoyante comme la fine et légère feuille libre, soumise à la gravité terrestre pour son dernier voyage avant la grande transcendance … C’est pas clair ? Bon, l’été c’est fini, là ça va commencer à faire frisquet, c’est l’automne, bientôt glagla. Alors tu valses, tu sautes, tu roule-boules, tu saltottes, tout ce que tu peux, on va pas t’aider sur ce coup là. Ce qui compte c’est que tu ne perdes pas de vue ta guinche intérieure, parce que c’est la vie !

Ce piano voyage en dedans…

Ce piano voyage en dedans,
voyage par sauts joyeux.
Ensuite il médite, en repos ferré,
cloué par dix horizons.

Il avance. Il se traîne sous des tunnels,
plus loin, sous des tunnels de douleur,
sous des vertèbres qui fuguent naturellement.

D’autres fois, ses trompes vont,
lents et jaunes désirs de vivre,
vont s’éclipsant
et s’épouillent d’insectiles cauchemars

déjà morts pour le tonnerre, héraut des genèses.

Obscur piano qui guettes-tu
avec ta surdité qui m’entend,
avec ton mutisme qui m’assourdit ?

Oh pouls mystérieux.

César Vallejo
Traduction Nicole Réda-Euvremer

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Tunnel sans piano
Lieu & destination inconnues, XXIème siècle
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine.

10 septembre 2021

Cher journal, immergée depuis l’Aube, je me laisse aller aux reflux et je danse du bout de mes tentacules feuillues. La nébulosité des profondeurs n’empêchant pas la course des rayons cosmiques, je m’éveille à une sensualité épidermique quand les photons caressent mes calices. Je suis ancrée dans mon existence et cela me pèse de plus en plus. Si je ne fais rien, combien de temps puis-je survivre ainsi ? En passant à l’action, combien de renoncements ? Embrasser la somme sacrifiée est un projet follement démesuré, mais c’est bien là, dans les zones d’ombres, que se cache l’emprunte de mes actions futures. Cette trajectoire inconnue, esquissée par la matière noire de mes renoncements, se révèle intensément passionnante.

L’inédit de la semaine : Vers Les Crinoïdes

Chacun sa route, chacun…

Cette semaine c’est Matthias qui mène la danse, avec une composition de rentrée rien que pour vous : Vers les crinoïdes. Titre programmatique, et pour atteindre les susdit crinoïdes, y’en a qui pensent qu’il faut passer par la mer, d’autres qui disent qu’on les trouve dans la montagne, du coup personne n’est d’accord et tout le monde se fâche… Une bonne matière tout de même pour remettre le trio au travail après des semaines de farniente sous un soleil de grêle. Alors bon, comment danser tout ça, on peut pas vous dire, va falloir faire preuve d’imagination un peu ! Et puis comme d’habitude, tu nous spam la boite mail avec tes agitations i-filmées, on les passera au ralenti en fond d’écran, ça nous fera notre semaine si tu t’en sors.

The Road Not Taken

Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both,
And be one traveller, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth.

Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear,
Though as for that the passing there
Had worn them really about the same,

And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day!
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.

I shall be telling this with a sigh,
Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I,
I took the one less travelled by,
And that has made all the difference.

Robert Frost, Mountain Interval

Bonus extra : Robert Frost lisant The Road Not Taken

Le chemin que l’on ne prend pas

Deux chemins se séparaient dans un bois doré ;
Regrettant de ne pouvoir tous deux les emprunter,
Et d’être seul à voyager, je restais là
Et j’en suivis un aussi loin que possible du regard
Jusqu’à sa courbe du sous-bois.

Puis je pris l’autre, juste comme ça,
Offrant peut être l’avantage
D’une herbe qui demandait qu’on la foulât,
Et bien qu’en cet endroit, mon passage
Les eut vraiment laissés à leur semblable état,

Et les deux s’étiraient pareillement ce matin
Sous des feuilles qu’aucun pas n’avait noircies.
Ah, je gardais l’autre pour un jour prochain !
Mais sachant comment nous emmène un chemin,
Je doutais de jamais pouvoir revenir.

Je conterai ceci dans la paix,
Quelque part, d’ici quelque temps :
Deux chemins s’offraient à moi, et là,
J’ai suivi celui qu’on ne prenait pas,
Et j’ai compris toute la différence.

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Petit jeu : sauras-tu reconnaitre l’autre chemin ?
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja.

03 septembre 2021

Cher journal, c’est encore l’été alors je danse encore et encore et encore… Je suis en transe et je compte bien y passer l’hiver. Mon corps encore chaud transpire l’effort, le bal n’en finit pas. Mes sens n’ont plus de frontière : j’entends les odeurs acres sur la piste, je vois les sons touffus et colorés, chatoyants, et je peux même toucher la lumière du jour qui point en crépuscule… J’ai l’impression d’être infatigable, je voudrais danser jusqu’à l’épuisement, mais c’est une vigoureuse endurance qui me cueille. Sous mes écailles, ma chair est vive, et mes humeurs sont pures. La folie s’ouvre à moi dans un sublime élan fantastique, je sombre dans mon extravagance, je ne suis plus que mouvement, une vivacité cosmique.

L’inédit de la semaine : Dog Eat Dog

September on fire…

Tiens, en voilà de la rentrée en musique ! Pour vous retrouver après ces quelques vidéos-friandises, nous avions envie de reprendre avec l’indispensable ♡ Fabe Beaurel Bambi ♡, histoire de vous faire chalouper tant que c’est encore l’été. C’est de nouveau Fela Anikulapo Kuti qui nous a inspiré cette version de Dog Eat Dog. Ca vous fera une belle playlist pour tenir au boulot, avec Les Amusemens de François Couperin, Comité Bantou des Bantous de la Capitale, HipK de Matthias Mahler, J.J.D. de Fela Anikulapo Kuti, The Tokyo Blues de Horace Silver et Lover Man de Jimi Hendrix. Alors c’est parti : branche l’ordi, les enceintes à fond, regarde ton boss droit dans la webcam et danse de tout ton corps en gardant la tête bien fixe ! Si tu coupes ton micro, ça passe tout seul, et si tu craques et que tu termines la webconf torse-poil, si ça se trouve y’a quand même une promo au bout… Merci qui ?

♡ Bienvenue à la nouvelle Tipeuse du blog (toutes les infos ici), qu’elle soit ici infiniment remerciée : Anja.

La dignité rebelle

Le zapatisme n’est pas la règle qui dit aux indigènes des autres pays ce qu’ils doivent faire. Nous partageons plutôt le même sentiment de marginalisation et d’exclusion. Ainsi que la volonté de résistance qui nous pousse à dire : nous ne voulons pas que le monde continue sans nous, nous ne voulons pas disparaître. Mais nous ne voulons pas non plus cesser d’être ce que nous sommes. C’est un processus d’affirmation de notre différence. La lutte des indigènes d’Amérique latine c’est la volonté d’affirmer : nous voulons faire partie de l’histoire nouvelle, de l’histoire du monde ; nous avons quelque chose à dire et nous ne sommes pas disposés à être ce que vous voulez que nous soyons. Nous ne voulons pas nous transformer en sujets dont la valeur sur l’échelle sociale serait déterminée par le pouvoir d’achat et le pouvoir de production.

Sous-commandant Marcos

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Souvenir d’un avenir radieux
Collage mural anonyme inédit, XXIème siècle
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja.

18 juin 2021

Cher journal, j’étais chez moi quand, soudainement, j’étais dehors ! Entre les deux, un flou, comme une absence incertaine. Une partie de mon espace-temps domestique a disparu dans un abîme hellénique. Compter les jours exilés, tenir la chronique de ce temps absent, recenser les séquelles et leurs causes est si difficile… Aujourd’hui j’ai l’impression de renaître amputée d’un temps désaffecté, zombie sensible et clairvoyante, en quête de souvenirs confus, incapable de faire le récit de ma propre existence. Je suis pleine de ce manque, mais il va me falloir du temps pour digérer cela. En attendant je suis dehors et je danse, le ventre vide mais le cœur léger à nouveau, et ça me fait du bien.

L’inédit de la semaine : Mechanic Bird (Oiseau Mécano) : Orgy

Et de un qui font trois…

Après Matthias et ses subtiles Strates n°4, après Frédéric et son Prélude n°5 répondant au doux nom de Niark, voici le moment de clore cette série de solos, créés spécialement pour le blog, avec Sylvain et son Mechanic Bird (Oiseau Mécano) : Orgy sic ! Votre chef du jour vous propose au menu une salade de pistons pour ouvrir l’appétit, suivie d’une triplette d’embouchures en gelée accompagnées d’un petit verre d’huile millésimée, et sa spécialité sucrée-salée-beurrée-douce-amer : le millefeuille d’aciers variés aux copeaux de peaux. Pour éviter la nuit blanche digestive, il est fortement conseillé de danser. A un c’est bien, à deux c’est mieux, à trois c’est extra !

Les Malheureux
à Louise Read

La trompette a sonné. Des tombes entr’ouvertes
Les pâles habitants ont tout à coup frémi.

Ils se lèvent, laissant ces demeures désertes
Où dans l’ombre et la paix leur poussière a dormi.
Quelques morts cependant sont restés immobiles ;
Ils ont tout entendu, mais le divin clairon
Ni l’ange qui les presse à ces derniers asiles
Ne les arracheront.

« Quoi ! renaître ! revoir le ciel et la lumière,
Ces témoins d’un malheur qui n’est point oublié,
Eux qui sur nos douleurs et sur notre misère
Ont souri sans pitié !

Non, non ! Plutôt la Nuit, la Nuit sombre, éternelle !
Fille du vieux Chaos, garde-nous sous ton aile.
Et toi, sœur du Sommeil, toi qui nous as bercés,
Mort, ne nous livre pas ; contre ton sein fidèle
Tiens-nous bien embrassés.

(…)

Contre leur gré pourquoi ranimer nos poussières ?
Que t’en reviendra-t-il ? et que t’ont-elles fait ?
Tes dons mêmes, après tant d’horribles misères,
Ne sont plus un bienfait.

Au ! tu frappas trop fort en ta fureur cruelle.
Tu l’entends, tu le vois ! la Souffrance a vaincu.
Dans un sommeil sans fin, ô puissance éternelle !
Laisse-nous oublier que nous avons vécu. »

Louise Ackermann, Poésies Philosophiques

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

(…) renaître ! revoir le ciel et la lumière (…)
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José.