12 février 2021

Cher journal, il neige et ça change tout. Que j’aime le bruit sourd de mes pas dans la poudreuse, le crissement des bottes sur la neige ! . . . Crsss . . . crsss . . . crsss . . . crsss . . . Et la petite flaque glacée que je m’amuse à briser tout doucement du bout de mon pied… Mmm… Bien au chaud dans ma chambre, par-delà ma fenêtre, j’aperçois quelques flocons épars qui tombent tels une pluie de cendre. Je ne sais plus ce que j’observe : scène funeste ou monde paisible ? Fines dentelles aux variations infinies, canevas psychédéliques tournoyants, je contemple avec nostalgie la douce valse des flocons. J’ai envie de revoir Bambi, je l’adore ♡

L’inédit de la semaine : Les Amusemens

Entrez dans la danse / Les soucis n’ont pas de chance…

La musique commence… avec un invité magistral, le premier du blog, le merveilleux Fabe Beaurel Bambi au djembé et petites percussions, merci de l’accueillir chaleureusement ! (collez ici : vous en liesse) Nous nous sommes rencontrés grâce à Fabienne Bidou à Pointe-Noire, Congo-Brazzaville, au cours de résidences inoubliables, et nous nous retrouverons bientôt sur scène, on vous tiendra au courant bien sûr. En attendant, Beaurel nous a fait l’honneur de passer au local jouer avec nous, un bonheur, et c’est donc sur Les Amusesmens (sic) de François Couperin que nous vous proposons de danser ensemble… La dernière fois, sur I Wan’na Be Like You, on a reçu une vidéo de claquettes en santiags sur le sable, très bien, merci VR. Cette fois-ci, qui nous enverra une vidéo de salsa sur glace ?

La Querole

Cele gent dont je vous parole
Estoient pris a la querole
Et une dame lors chantoit
Qui leesce apelee estoit ;
Bien sot canter et plesaument,
Ne nule plus avenaument
Ne plus bel ses refrais n’assist. (…)
Lors veïssiez querole aller
Et genz mignotement bauler
Et faire mainte bele treche
Et maint biau tour sot l’erbe fresche.


Guillaume De Lorris, Le Roman De La Rose

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Ces gens dont je vous entretiens
étaient occupés à danser la carole
et une dame qui s’appelait Liesse
chantait pour eux ;
elle savait bien chanter
et de manière plaisante,
et nulle autre n’aurait eu une façon
plus belle et plus seyante
de poser sa voix pour ses refrains. (…)
C’est alors que vous auriez pu
voir la carole tourner
et les gens danser joliment
et faire mainte belle figure
et maint beau tour sur l’herbe fraîche.

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

08 janvier 2021

Cher journal, l’hiver est bien là et je crois que je manque de vitamines, je n’ai pas mangé assez de fibres à Noël, mais ça va mieux. Avec mes amis on a fait le vœu de chanter toute l’année à défaut de danser, et ça nous fait du bien, alors on continue. Ce matin j’ai regardé pousser du persil, c’est fou comme ça monte mois vite que le thym. Je crois que j’ai cassé ma radio mais c’est pas grave, Mémé m’a ressorti son tourne-disque et le vieux casque à fil qui va avec, quel bonheur.

L’inédit de la semaine : Les Baricades Mistérieuses

Double dose !

Nous continuons à célébrer nos 15 ans avec cette semaine deux inédits, parce qu’ici on fait ce qu’on veut, et aussi parce qu’on est pas raisonnable quand on a 15 ans… On commence par une chouette pièce de François Couperin, Les Baricades Mistérieuses (sic), et enchainons avec un petit haiku maison en guise de massage sonore, Ciel de Bistre, dont le titre est tiré d’un poème de Verlaine qu’on aime beaucoup. Et comme on est décidément bien sympa, on vous le colle ici, même pas besoin de taper sur Glougueule. A écouter au casque pour profiter au maximum des bienfaits des vitamines ! Merci pour vos messages et commentaires, ça fait bien plaisir…

L’inédit bonus de la semaine : Ciel de Bistre

Marine

L’Océan sonore
Palpite sous l’œil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs,
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,

Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Barricades mystérieuses sous un ciel de bistre par grand brouillard.
Peinture numérique anonyme inédite, XXIème siècle.