23 juillet 2021

Cher journal, si je pouvais voyager cet été, je partirais sûrement en Asie, retrouver les âmes complices, goûter à nouveau les saveurs tant aimées, rencontrer de nouvelles amitiés. Cher journal, si je pouvais voyager cet été, je partirais sûrement en Asie. Cher journal, si je pouvais voyager cet été, je partirais sûrement. Cher journal, si je pouvais voyager cet été, je partirais. Cher journal, si je pouvais voyager cet été. Cher journal, si je pouvais voyager. Cher journal, si je pouvais…
Cher journal, je reste avec toi.

L’inédit de la semaine : The Tokyo Blues

Sauve un bambou, mange un panda.

On vous l’a promis et vous l’attendez comme le roseau désir la pluie, comme le bambou craint le panda, comme la feuille de cerisier guette le printemps… Nous continuons donc avec un plaisir infini le travail entamé avec Fabe Beaurel Bambi ici et là. Après Les Amusemens, Comité Bantou, HipK et J.J.D., voici The Tokyo Blues, morceau phare de Horace Silver, issu du disque éponyme qu’il a composé en rentrant d’une tournée au Japon. Et hop, un titre de plus pour ta playlist estivale ! Avec un Beaurel-san en grande forme, toujours aussi classe même en kimono traditionnel, tu vas épater tes voisins au camping pendant l’apéro-pétanque. Nous, ça nous fait chalouper plutôt que pointer ou tirer. Et toi ?

青鞜

元始、女性は実に太陽であった。真正の人であった。
今、女性は月である。他に依って生き、他の光によって輝く、病人のような蒼白い顔の月である。/
(…)
我れ我を遊離する時、潜める天才は発現する。/
私どもは我がうちなる潜める天才のために我を犠牲にせなばならぬ。いわゆる無我にならねばならぬ。(無我とは自己拡大の極致である。)/
ただ私どもの内なる潜める天才を信ずることによって、天才に対する不断の叫声と、渇望と、最終の本能とによって、祈祷に集中し、精神を集中し以て我を忘れるよりほか道はない。/
そしてこの道の極<きわま>るところ、そこに天才の玉座は高く輝く。

平塚らいてう

Seitô

À l’origine, la femme était un soleil, un être authentique. Aujourd’hui la femme est une lune, une lune au visage livide comme celui d’un malade, qui vit à travers autrui et ne brille que par autrui.
(…)
Nous devons maintenant retrouver le soleil que l’on nous a caché. « Parole à notre soleil, à notre talent cachés ! ». Tel est le cri que nous nous lançons à nous-mêmes, telle est notre soif, irrépressible et insatiable, tel est l’instinct qui ébranle notre être tout entier. Ce cri, cette soif et cet instinct qui, conjugués, vont donner vie à notre esprit passionné… Alors pourra briller, très haut, le trône de notre génie…

Hiratsuka Raichôseptembre 1911

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

青鞜 / Seitô / Bas-bleu
Premier numéro, septembre 1911
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure .

16 juillet 2021

Cher journal, je veux retourner au concert ! Retrouver la transe et m’abandonner à nouveau à la danse, éprouver au fond de moi ces émotions ancestrales, communier encore avec la vibration. Sentir couler sur ma peau les ridules sonores que les ondes propagent me fait autant d’effet que la caresse des rayons solaires sur mon épiderme : cela m’emplit d’une chaleur joyeuse, et accompagne un sentiment de renaissance lié à la conscience aiguë du temps présent. La musique me transcende, et l’expérience musicale est une communion sacrée qui connecte mon cœur au pouls de l’univers. Si les planètes dansent autour des étoiles, pourquoi pas moi ?

L’inédit de la semaine : J.J.D. (Johnny Just Drop!!)

Laisse tomber, Jeannot !

C’est la fin de la trêve, on ne lâche plus Fabe Beaurel Bambi jusqu’au mois d’août ! Aujourd’hui il nous fait décoller les talons sur un morceau de Fela Anikulapo Kuti, l’indispensable nigérian : J.J.D. (Johnny Just Drop!!). Retrouve ici tous les autres titres avec Fabe Beaurel Bambi, télécharge-les pour les écouter sur la plage ou sous l’orage : Les Amusemens, Comité Bantou, HipK. Attention, si tu viens au concert ce samedi 17 juillet à 19h à Montreuil (place du Nouveau Théâtre de Montreuil), tu as intérêt à réviser les paroles pour chanter avec nous, Fabe Beaurel Bambi t’aura à l’œil. Concentration… prêt ? Ça fait :  »Heyyy », puis  »Heyyy ». On compte sur toi, fais attention à ton accent anglais, on t’autorise même à arrêter de danser pour chanter si tu galères à faire deux trucs en même temps, comme tu peux mais on veut t’entendre !

♡ Bienvenue aux nouvelles/aux Tipeuses/eurs du blog (toutes les infos ici), qu’iels soient ici infiniment remercié.e.s : Catherine & Daniel, Anne-Laure.

Afrika Shrine is NOT A NIGHTCLUB – it is a place where we can worship the gods of our ancestors.

a) The Church is an ideological centre for the spreading of European and American cultural and political awareness.
The Shrine is an ideological centre for the spreading of Afrikan cultural and political awareness.

b) The Church is a place where songs are rendered for worship.
The Shrine is a place where songs are rendered for worship.

c) The Church is a place where they collect money.
The Shrine is a place where we collect money.

d) The Church is a place where they drink while worshipping (« holy communion »).
The Shrine is a place where we drink while worshipping.

e) The Church is a place where they smoke during worship (burning of incense).
The Shrine is a place where we smoke during worship.

f) The Church is a place where they dress the way they like for worship.
The Shrine is a place where we dress the way we like for worship.

g) The Church is a place where they practice foreign religion.
The Shrine is a place where we practice Afrikan religion.

Fela Kuti

Afrika Shrine N’EST PAS UNE BOÎTE DE NUIT – c’est un endroit où nous pouvons vénérer les dieux de nos ancêtres.

a) L’Église est un centre idéologique pour la diffusion de la conscience culturelle et politique européenne et américaine.
Le Shrine est un centre idéologique pour la diffusion de la conscience culturelle et politique africaine.

b) L’Église est un endroit où les chansons ont une vocation cultuelle.
Le Shrine est un endroit où les chansons ont une vocation cultuelle.

c) L’Église est un endroit où ils collectent de l’argent.
Le Shrine est un endroit où nous collectons de l’argent.

d) L’Église est un endroit où ils boivent pendant le culte (Sainte communion).
Le Shrine est un endroit où nous buvons pendant le culte.

e) L’Église est un endroit où ils fument pendant le culte (fumigation d’encens).
Le Shrine est un endroit où nous fumons pendant le culte.

f) L’Église est un lieu où ils s’habillent comme ils le souhaitent pour le culte.
Le Shrine est un endroit où nous nous habillons comme nous le souhaitons pour le culte.

g) L’Église est un endroit où ils pratiquent une religion étrangère.
Le Shrine est un endroit où nous pratiquons une religion africaine.

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

C’est la fête c’est plus la fête… c’est la fête… (allégorie)
Gif anonyme inédit, XXIème siècle
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure .

09 juillet 2021

Cher journal, le temps ruisselle sur mon cœur comme un torrent fertile. Aux froides heures fades succèdent les minutes euphoriques et leurs instantanés d’ivresse. Quand, après des mois d’inertie et de gel émotif, la passion infuse à nouveau dans mes veines, la sensation parfois banale d’être en vie se charge d’un enchantement furieux. Une tempête se déclenche alors en moi, libère une énergie enfouie, me démultiplie à l’infini dans une transfiguration hétéronyme, réunissant en mon seul corps tous les visiteurs de mon infime existence. Je deviens le refuge d’une foule prodigieuse, Méduse puissante et radieuse. De mon regard intense, j’embrase le monde, son passé, son futur, et dans un acte de pure création, je chorégraphie un présent éternellement éphémère, hôte protecteur de nos passions chaotiques. Et toi, amie, tu danses !

L’inédit de la semaine : Prélude & fugue n°2 en la mineur, opus 87

Toccata russe.

Après un HipK flamboyant et percussif, nous faisons une pause avec Fabe Beaurel Bambi cette semaine, mais c’est pour mieux le retrouver tout au long de l’été ! Patience, on vous prépare votre playlist estivale. Ça va guincher en tongs sous le parasol, et on est bien content de ne pas voir ça… En attendant, voici en trio et dans un arrangement – dérangement ? – fait maison, une version quasi-métaphorique (résilience & complicité, mais on va pas tout intellectualiser ici non-plus, c’est juste le blog et on fait ce qu’on veut) du Prélude & fugue n°2 en la mineur, opus 87, de Dmitri Chostakovitch. La semaine dernière tu as sauté partout dans ton salon-cuisine-chambre à coucher, cassé le vase de mémé et renversé ton thé sur le chat, bravo. Cette semaine essaie de te filmer, on veut comprendre comment tu danses…

Roseau

À l’heure où s’écroulent les mondes,
Recevez ce don de printemps
Qui vient de l’ombre au-delà du Léthé,
En réponse à de plus beaux dons
Pour que, toujours indestructible,
Fidèle malgré les saisons,
La haute liberté de l’âme
Qui porte le nom d’amitié
Me sourie aussi gentiment
Qu’il y a trente ans…
La grille du Jardin d’été,
Et Léningrad sous la neige
Sont apparus, on dirait, dans ce livre,
Dans la brume des miroirs magiques
Et sur le Léthé pensif
Le roseau renaît et chante.

Anna Akhmatova Requiem

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Rapide 2000 : fabrique toi-même ton anche en roseau
Tuto anonyme inédit, XXIème siècle
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François.

02 juillet 2021

Cher journal, je suis si joyeuse et pleine d’une allégresse colossale : aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma plus fidèle amie ♡. Penser à elle m’emplit d’un suave bonheur, d’une joie exquise. Depuis ce matin je suis entrée dans une transe euphorique dans la perspective de la bamboche à venir. Je suis impatiente de la revoir, j’ai trop envie de sauter partout, de danser follement pour fêter la vie qui a fait croiser nos chemins. Je file changer de tenue, qu’elle soit flamboyante comme notre lien, qu’elle virevolte de plaisir, et que l’ivresse m’habille, ce soir nous brillerons d’une passion radieuse. Résonnez tambours, sonnez trompettes, c’est la fête !

L’inédit de la semaine : HipK

Il est déjà neuf heures, là ?

C’était notre premier invité sur ce blog, et ça nous a tellement plu que nous allons continuer à faire un bout de chemin ensemble. Alors, après Les Amusemens de François Couperin, après le Comité Bantou des Bantous de la Capitale, et après un détour par le festival en ligne Pointe Noire en Scène, re-revoici le merveilleux ♡ Fabe Beaurel Bambi ♡ aux percussions, dans une composition de Matthias : Hipk ! Ça groove, ça balance, ça transpire la cuivraille, ça pourrait être une chanson d’anniversaire, on a tellement envie de faire la fête avec vous… Mais d’ailleurs, on se retrouve bientôt en concert avec Beaurel : le 17 juillet à 19h à Montreuil ! C’est sur la place du Nouveau Théâtre de Montreuil, c’est le Banlieues Bleues Summer Camp, c’est une bonne auberge, et toutes les infos sont ici. Venez danser sous notre nez, enfin !

♡ Bienvenue aux nouvelles/aux Tipeuses/eurs du blog (toutes les infos ici), qu’iels soient ici infiniment remercié.e.s : Anne & François.

Quand nous plantons, quand nous tissons, quand nous écrivons, quand nous enfantons, quand nous organisons, quand nous soignons, quand nous courons à travers le parc, dans la brume exhalée par les séquoias, quand nous faisons ce que nous avons peur de faire, nous ne sommes pas seules. Nous sommes du monde et notre pouvoir-du-dedans est grand, même s’il n’est pas invincible. Si nous pouvons être blessés, nous pouvons soigner ; si chacun de nous peut être détruit, en nous il y a le pouvoir du renouveau. Et il est encore temps de choisir ce pouvoir-là.

Starhawk Rêver l’obscur : femmes, magie & politique

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

L’étrange pouvoir du renouveau
Gif anonyme inédit, XXIème siècle
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François.

25 juin 2021

Cher journal, je tremble de froid mais pas seulement. Je tremble de peur face aux fascistes, je frémis d’effroi en entendant la haine, je sursaute et je m’affole quand les coups de feu résonnent, je titube puis je vacille quand l’horreur fait irruption dans le réel. Mais aussi, parfois, guidée par une altérité bienveillante, je me sens palpiter de l’intérieur, le mystère et l’inconnu me mettent en branle, et c’est une amitié inconditionnellement donnée qui me fait m’agiter à nouveau. Lorsque la tendresse et l’amour me lient aux autres, c’est de bonheur que je danse. Depuis quelques jours, je danse passionnément. Mon cher journal, ce soir je tremble de chaud.

L’inédit de la semaine : What Pow’r Art Thou

Solstice de nos quinze ans…

Pour clore ce premier semestre de blog (♥‿♥ ), et après la série des trois solos de juin – Matthias avec Strates n°4, Frédéric avec Niark, Prélude n°5, Sylvain avec Mechanic Bird (Oiseau Mécano) : Orgy – nous sommes de retour en trio ! Et nous célébrons ce solstice bloguistique (oui) avec une petite chanson fraîchement chaleureuse, de Henri Purcell, tirée de son semi-opéra King Arthur. Nous vous proposons une version toute personnelle de l’air du Génie du froid : What pow’r art thou. Tremblez, dansez, chauffez, soufflez…

♡ Bienvenue aux nouvelles/aux Tipeuses/eurs du blog (toutes les infos ici), qu’iels soient ici infiniment remercié.e.s : Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges.

Cold Genius

What pow’r art thou, who from below
Hast made me rise unwillingly and slow
From beds of everlasting snow?
See’st thou not how stiff and wondrous old
Far unfit to bear the bitter cold,
I can scarcely move or draw my breath?
Let me, let me freeze again to death.

John Dryden, King Arthur

Génie du Froid

Quel pouvoir es-tu, toi qui d’en bas
M’as fait me lever malgré moi et lentement
Du lit des neiges éternelles ?
Ne vois-tu pas comme, raide et accablé de vieillesse,
Loin de pouvoir supporter le froid mordant,
Je puis à peine me mouvoir ou prendre mon souffle ?
Laisse-moi, laisse-moi geler à nouveau
jusqu’à la mort.

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

King Arthur, What Pow’r Art Thou
Manuscrit original, Henry Purcell, XVIIème siècle

ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges.

30 avril 2021

Cher journal, assise sur une plage chimérique, je ferme les yeux et je suis un dauphin. Je quitte le rivage pour m’immerger dans le reflux des océans. Tout en m’engouffrant dans l’abîme des profondeurs marines, je plonge à l’intérieur, en mon cœur intime. J’y trouve une douce et paisible énergie. Ici règnent l’abondance et la plénitude. Loin des inquiétudes, je peux respirer sous l’eau, comme dans le ventre primitif. Je suis à la frontière de l’ancien et du nouveau. Bercée dans ce ventre-refuge, je suis doucement propulsée à mon commencement, quand ma vie n’était pas encore une lutte et que j’habitais une mer d’amour. J’éprouve une nouvelle existence, une mort, puis une renaissance. Parfois, nos passions sont mises à l’épreuve, et notre sensibilité est bouleversée, nos existences coincées entre un monde si changeant et l’impression progressive d’un temps qui rétrécit. Il est temps d’embrasser mon animal totem, de glisser avec lui, de lâcher prise et de laisser mes émotions affleurer, de les purifier. Une nouvelle énergie m’envahit. En cessant de chercher, je comprends, et la prise de conscience est totale, la mutation s’achève. J’accoste aux rives de mon évolution personnelle. Euphorique, je retrouve le sourire, je suis ouverte à tous les possibles. Je danse de joie.

La vidéo bonus de la semaine : Dronphine
L’inédit de la semaine : Protubérance œcuménique

Le retour du retour…

Et qui c’est que revoilà ? Mais oui, c’est lui, l’extraordinaire Yan Péchin , avec une proposition radicale une fois de plus. Après un Criminal World d’après David Bowie et un Nocturne n°8 tout à fait personnel, Yan nous rejoint pour un drone profond et régénérant, en forme de Protubérance œcuménique. Mille mercis l’ami, on en avait bien besoin ! A écouter à plein volume pour que les agents actifs fassent effet… Alors pour danser, me direz-vous ? Fermez-les yeux, vous répondrai-je !

Le désert

Cette lumière intérieure (…) peut être comparée à l’espace ; elle ne connaît pas de limites ; pourtant elle est toujours là, toujours auprès de nous, elle garde toujours sa sérénité et sa plénitude… On ne peut la saisir, et l’on ne peut s’en défaire ; elle va son propre chemin. On parle, et elle est silencieuse ; on demeure silencieux, et elle parle.

Aldous Huxley, Les portes de la perception

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Ecumenical Protuberence
Gif anonyme inédit, XXIème siècle

23 avril 2021

Cher journal, j’adore les aventures collectives mais là je crois que je suis en manque d’action. Je suis consternée de danser seule encore. Je comble l’attente par des heures de veille, fatigue factice si peu satisfaisante. Aujourd’hui je suis las de mon inertie. Je me sens moitié louve, moitié canarde, déchirée entre l’envie de mordre le temps et celle de m’expatrier vers un ailleurs intérieur. Et si tous ces sentiments contradictoires n’étaient que le prologue d’une prodigieuse mutation ? Mon cœur change, et ce n’est pas sale… Cet après-midi j’ai vu tonton Mimax au téléphone, il danse bien. Une jambe à la fois et plutôt slowliment, mais c’est déjà une chouette nouvelle.

L’inédit de la semaine : Prélude n°2

Il n’y a pas de préliminaire.

Sans détour donc, voici le retour de la magnifique ♡ team Witchduck ♡ : Marylou Abdelghani au saxophone ténor électrifié, et McG. à la flûte traversière, yeah ! Toujours en liberté, la team mi-sorcière/mi-canard nous offre un Prélude n°2 pour quintet à vent, et c’est un grand honneur/bonheur ! Avec le retour de ces Drones de Dames notre cœur chavire et nos oreilles s’embrasent… En bonus, toujours pas de corbeaux cette semaine, mais un paquebot vénitien dans une vidéo minimaliste, riquiquimaliste même !
– Un prélude, ça se danse comment ? me demandait ma fille hier au soir.
– Comme ça ! lui répondis-je.
Et toi, tu guinches ça comment ?

June 1981, Storrs, Connecticut.

(…) I have suckled the wolfs lip of anger and I have used it for illumination, laughter, protection, fire in places where there was no light, no food, no sisters, no quarter. We are not goddesses or matriarchs or edifices of divine forgiveness; we are not fiery fingers of judgment or instruments of flagellation; we are women forced back always upon our woman’s power. We have learned to use anger as we have learned to use the dead flesh of animals, and bruised, battered, and changing, we have survived and grown and, in Angela Wilson’s words, we are moving on. (…)

Audre Lorde, The Uses of Anger : Women Responding to Racism

(…) J’ai léché les lèvres d’une louve, la colère, et je m’en suis servie pour illuminer, rire, protéger, mettre le feu en des lieux où il n’y avait ni lumière, ni nourriture, ni sœurs, en des lieux sans merci. Nous ne sommes pas des déesses, ni des matriarches, ni les édifices du pardon divin ; nous ne sommes pas les doigts de feu du jugement dernier, ni des instruments de flagellation ; nous sommes des femmes toujours obligées de nous interroger sur notre puissance de femmes. Nous avons appris à utiliser la colère comme on utilise la chair morte des animaux. Et blessées, maltraitées, en nous transformant, nous avons survécu et grandi, et selon les mots d’Angela Wilson, nous continuons notre chemin. (…)

Traduction Magali Calise 

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

La vidéo bonus de la semaine : La Grande Lagune

16 avril 2021

Cher journal, je crois que j’ai vécu une expérience transcendantale avec une amie hier. Elle m’a chanté une ballade en s’accompagnant au piano, mais quel choc ! Elle a commencé par fredonner un air entêtant, avant de se lancer dans un couplet improvisé, un poème instantané. La dissolution de mon esprit dans un temps infini et l’abandon total de mon corps au profit de sensations incroyablement savoureuses, m’ont laissée comme orpheline ce matin. Je n’imaginais pas pouvoir à ce point m’oublier dans une telle ivresse sonore. Je suis impatiente de la revoir pour l’entendre à nouveau. Je suis fana d’elle.

L’inédit de la semaine : Just Like Water

Elle est dans la place !

ATTENTION les ami.e.s : après le merveilleux Fabe Beaurel Bambi, l’extraordinaire Yan Péchin, après la magnifique team Witchduck Marylou Abdelghani & McG, place à une nouvelle invitée fabuleuse, l’étourdissante L (Raphaële Lanadère) au chant ! L nous a fait l’immense honneur de passer au studio pour une séance de rêve dont nous ne sommes pas encore complètement remis, et nous vous proposons aujourd’hui un titre de Lauryn Hill issu de l’album MTV Unplugged No. 2.0 : Just Like Water. On passe un short et on te retrouve dans 5 min sur le dancefloor, tu vas voir, ça coule de source et ça régénère sévère !

Just Like Water

Moving down the streams of my lifetime
Pools of fascination in my sleep
Cooling off the fire of my longing
Warming up my cold within his heat

Bouncing down the walls of inhibition
Evaporating all of my fears
Baptizing me to complete submission
Dissolving my condition with his tears

It’s just like the water
I ain’t felt this way in years
It’s just like the water, the water
I ain’t felt this way in years

Coursing through my senses, he’s prevailing
Floating through the space of my design
Drowning me, I find my insides sailing
Drinking in the mainstream of his mind

Filling up the cup of my emotions
Spilling over into all I do
If only I could get lost in his ocean
Surviving on the thought of loving you

It’s just like the water
I ain’t felt this way in years, in years
It’s just like the water, the water
I ain’t felt this way in years

Bathing in the fountain of his essence
He causes my expression to remain
Humbled on the mountain by his presence
Washing my intentions with his name

Sealing all the floodgates of his passion
Saving all his liquid for his own
Moisturizing me to satisfaction
In my imagination, oh no

He’s pouring out his soul to me for hours and hours
Drawing out my nature with his hands
Yearning, I’m so thirsty for his power
Burning to be worthy of his land

It’s just like the water
I ain’t felt this way in years, in years
It’s just like the water
I ain’t felt this way in years

Cleaning me, he’s purging me
And moving me around
He’s bathing and he’s cleaning me
And moving me around
Around, and around and around and around

Washing me, cleaning me
Moving me around
He’s purging me, he’s been cleaning me
And moving me around
And around
And around

Around
And around
Moving me around

LAURYN HILL

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Battements d’L d’une papillonne.

09 avril 2021

Cher journal, depuis toute petite je rêve de devenir ornithologue (pas ornithorynque, hihi !). J’adore observer les oiseaux, je les trouve fascinants. Je ne manque pas une occasion des les admirer, de la campagne à la montagne, de la mer au désert, c’est un émerveillement toujours renouvelé. Quand je les contemple, le temps est comme paralysé dans une valse immobile et perpétuelle. C’est le printemps depuis quelques nuits déjà, dehors un couple de mésanges prépare avec patience son refuge, tandis que l’envie de nidifier m’étreint également. Une tisane brûlante, l’odeur d’un livre du passé posé ouvert sur mon édredon, jouir d’un temps affranchi…

L’inédit de la semaine : Le Café – Danse Arabe

Passer le ballet.

Bla bla bla, on est content, bla bla, c’est le printemps, bla, on a tout not’ temps… pour danser encore ! Alors hop, le morceau du jour est fait pour ça : tiré du ballet Casse-Noisette, composé par Piotr Ilitch Tchaïkovski en 1892. Tu vois, on l’aime bien le Tchaik’, alors après Mars et son Chant de l’alouette, voici Le Café – Danse Arabe, acte II, scène 3. Y’en a à qui ça fait penser aux poissons, nous c’est les oiseaux, les gros oiseaux, ceux qui volent lourd et qui picorent les cauchemars de notre enfance… Fuyez, les corbeaux seront de retour la semaine prochaine ! En attendant, petite vidéo bonus avec Fabe Beaurel Bambi et François Couperin, mais pas que… Coquin, si tu nous envoies ta version de leur danse, on t’offre ton poids en solo de trombone !

Le royaume des poupées

Pardonnez-moi, chère demoiselle Silberhaus, dit alors Casse-Noisette en tendant la main à Marie, pardonnez-moi de vous avoir offert un si chétif ballet ; mais ces marauds-là ne savent que répéter éternellement le même pas qu’ils ont déjà fait cent fois. Quant aux chasseurs, ils ont soufflé dans leurs cors comme des fainéants, et je vous réponds qu’ils auront affaire à moi. Mais laissons là ces drôles, et continuons la promenade, si elle vous plaît.

ALEXANDRE DUMAS, Histoire d’un casse-noisette

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

La vidéo bonus de la semaine : Les Amusemens
avec Fabe Beaurel Bambi

02 avril 2021

Cher journal, aujourd’hui je me suis fait enfermer dehors, à trois reprises, c’est fou ! Déjà ce matin à l’école, les grilles étaient fermées, j’arrivais trop tard. Mais en plus, ce midi, c’est la cantine close qui m’a contrainte à manger extra-muros. Rien d’ouvert dans le coin, super, un petit jeûne pour la forme, ça fait toujours des économies… La cerise dans la chaussure c’était ce soir : impossible de remettre la main sur mes clefs, porte close, nuit tombante, solitude & angoisse, recluse à l’extérieur ! Il y a vraiment des jours où on ferait mieux de rester chez soi. Finalement j’ai réussi à retrouver ma chambre grâce à Emsi & Lou qui venaient pour une soirée Sorcières. Ce matin, au réveil, j’avais peur de tourner en rond, ce soir on va danser en carré !

La vidéo bonus de la semaine : Drone de couloir
L’inédit de la semaine : Drone de Dames

Olev ua nimag el.

Et voilà, le premier trimestre est déjà terminé, nous avons fait un quart du chemin sur ce blog. Autant dire que la fête bat son plein ici, et qu’on aimerait qu’elle dure quinze ans encore ! Pour célébrer ça aujourd’hui, voici un morceau un peu plus long que d’habitude, mis en vidéo, et surtout avec de nouvelles invitées… Veuillez accueillir la magnifique team Witchduck : Marylou Abdelghani au saxophone ténor, et McG. à la flûte traversière ! On partage bien des choses depuis bien longtemps (spéciale dédicace à tou.te.s les Canard.e.s en Liberté), énorme plaisir de nous aventurer ensemble dans l’improvisation débridée. Merci les amies pour cet envoûtant voyage intérieur. Attention, aujourd’hui ça se danse à bicyclette, va falloir faire de la place dans ton salon.

Chapitre 1

(…) Je pensais à l’orgue qui faisait retentir la chapelle de ses accents et aux portes fermées de la bibliothèque ; et je pensais qu’il est bien désagréable d’être enfermé au-dehors ; puis je pensais qu’il est pire peut-être d’être enfermé dedans ; et, pensant à la sûreté et à la prospérité d’un sexe et à la pauvreté et à l’insécurité de l’autre et à l’effet de la tradition et du manque de tradition sur l’esprit d’un écrivain, je pensai enfin qu’il était temps de rouler en boule la vieille peau ratatinée de cette journée, avec ses raisonnements et ses impressions, et sa colère et ses rires, et de la jeter dans la haie. Mille étoiles brillaient dans la solitude du ciel bleu. On se sentait comme seul en compagnie d’une société impénétrable. Tous les êtres humains étaient endormis, étendus sur le ventre, horizontalement, sans voix.

VIRGINIA WOOLF, Une chambre a soi

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.