17 décembre 2021

Cher journal, je suis un peu fatiguée là, je ne sais pas si c’est l’hiver qui approche ou l’été qui s’éloigne, mais j’ai bien envie de retourner sous la couette siffler un coup… Sentir le drap tout propre encore rigide se plier à mon corps, l’odeur discrète de la lessive flatter mon odorat, ma chaleur qui s’accumule rapidement et me réchauffe d’un un cercle vertueux. Dans cette étuve, me retourner, m’étirer, tourner encore, comme une danse horizontale et minimaliste, une incantation au Dieu Sommeil. Mes bras finissent par s’allonger le long du corps, mes paupières alunissent, autonomes, tandis que déjà je sombre dans une léthargie qui

La vidéo inédite de la semaine : Nervous Breath Down

Inspirez… Expirez…

Dernière ligne droite pour le blog, on lâche rien, toujours pas fatigués (en vrai : si, mais chut !!!), on est en train de terminer un marathon, c’est le mental qui joue là ! Aujourd’hui on reprend notre souffle en trio, infiniment intime, intimement infime, avec un Nervous Breath Down collectif de Frédéric, Matthias & Sylvain. A écouter au casque de préférence, on vient te chatouiller les oreilles de nos cuivres en te caressant les rétines à coup de plancton. Tu vois, même si tu ne danses pas, à une autre échelle, tu danses quand même !

♡ Bienvenue aux nouvelles/aux Tipeuses/eurs du blog (toutes les infos ici), qu’iels soient ici infiniment remercié.e.s : Isabelle & Olivier.

Les droits de la Femme

Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? Qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ? Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique.

Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux, jette enfin un coup d’œil sur toutes les modifications de la matière organisée ; et rends-toi à l’évidence quand je t’en offre les moyens ; cherche, fouille et distingue, si tu peux, les sexes dans l’administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d’œuvre immortel.   
                 
L’homme seul s’est fagoté un principe de cette exception. Bizarre aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré dans ce siècle de lumière et de sagacité, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles, il prétend jouir de la révolution et réclamer ses droits à l’égalité… pour ne rien dire de plus.

Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

La vidéo bonus de la semaine : Mars – Chant de l’alouette
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier.

05 mars 2021

Cher journal, c’est bientôt le printemps et j’ai envie de sortir virevolter. L’aube crépusculaire illumine la ville d’une ambiance terne. Sous une belle lumière tamisée, la nature prépare son renouveau. Les odeurs sont encore pâles, mais je suis irrésistiblement appelée par l’extérieur, et la tentation de me calfeutrer dehors est grande. Je guette avec une douce fébrilité l’arrivée des hirondelles, mais aucun signe d’ailes. J’entends tout juste grisoller au loin, cela m’impatiente de plus belle. Mes seins sont redevenus sensibles depuis quelque temps, je désire et j’ai soif.

L’inédit de la semaine : Март – Песнь жаворонка

Crépuscule matinal.

Yan Péchin vs David Bowie la semaine dernière, que faire après cette déferlante ? Retour en trio aujourd’hui pour une adaptation du Chant de l’alouette, tiré de Les Saisons de Piotr Ilitch Tchaïkovski, parce que vraiment on aime les contrastes, et les compositeurs Russes… Au cours de l’année 1876, Tchaïkovski écrivit une pièce par mois, proposée en complément du magazine musical Nouvelliste. Une démarche qui nous parle assurément ! Chaque pièce était accompagnée d’un bout de poème, voici une traduction de celui d’Apollon Maïkov qui accompagnait l’oiseau martien :

Mars – Chant de l’alouette

Les champs sont miroitants de fleurs,
Des vagues de clarté déferlent dans le ciel,
Le chant des alouettes printanières
Dans le gouffre d’azur se répand.

Ça chante, ça danse, ça vole dans tous les sens. Et toi ?

Remerciements particulièrement chaleureux à Blutch pour sa trompette enchantée ♡

Март – Песнь жаворонка

Поле зыблется цветами…
В небе льются света волны…
Вешних жаворонков пенья
Голубые бездны полны.


Взор мой тонет в блеске полдня…
Не видать певцов за светом…
Так надежды молодые
Тешат сердце мне приветом…

И откуда раздаются
Голоса их, я не знаю…
Но, им внемля, взоры к небу,
Улыбаясь, обращаю.

Аполлон Николаевич Майков

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Mars, vue d’artiste.
Représentation astronomique anonyme inédite, XXIème siècle.
Bonus extra : le premier son de Mars… Merci Cédric !