03 février 2023

Cher journal, je sens que je suis au début de quelque chose. Je ne sais pas. Je cherche, je ressens, je rechercher, attentive aux interstices, à l’infime, avide du vertige, tendue par l’angoisse inévitable de ne rien trouver, pas même le silence, moins que le vide et l’ignorance. Qu’y a-t-il derrière ma peur ? J’espère y trouver un atome de vérité, le débris d’une délicatesse, l’authentique odeur d’une lumière vive, l’éclat du temps fragmenté… Rien que le grain d’un geste fou, que je pourrais faire germer en mon cœur, au chaud de mon corps, à l’abri de la fiction, authentique danse de vie, sève vigoureuse qui, plus tard, peut-être, passionnément, à la folie, deviendra pure énergie.

L’inédit de la semaine : 1er mouvement

La danse du crabe ?

Nous voici de retour en trio cette semaine avec une pièce inédite, youpi, enregistrée en public au cours d’un concert entièrement improvisé à l’Atelier des Bourdons le 15 janvier dernier. Énorme merci à Marie-Christine Mazzola & Gaël Ascal pour avoir organisé ce concert ♡ Et merci également aux merveilleux spectateurs de tous ages pour leur écoute si précieuse, c’était une première pour nous, et ce fut un bonheur immense ♡ De cette folle soirée nous somme en train d’extraire une suite dont voici le premier mouvement. Alors oui, tout le monde dansait au concert, donc si tu restes assis devant ton ordi, c’est toi qui perds !

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I died for Beauty —but was scarce
Adjusted in the Tomb
When One who died for Truth, was lain
In an adjoining Room—

He questioned softly « Why I failed »?
« For Beauty », I repliesd—
« And I —for Truth —Themself are One-
We Bretheren, are », He said—

And so, as Kinsmen, met a Night—
We talked between the Rooms—
Until the Moss had reached our lips—
And covered up —our names—

Emily Dickinson

J’étais morte pour la beauté, mais à peine
Etais-je installée dans la tombe
Qu’un autre, mort pour la vérité,
Fut mis dans une chambre à côté—

Doucement il demanda «pourquoi j’étais tombée»;
«Pour la beauté», répondis-je—
«Et moi, pour la vérité, c’est tout un—
Nous sommes frère et sœur», dit-il—

Et ainsi, comme des parents rencontrés la nuit,
Nous parlions d’une chambre à l’autre—
Jusqu’à ce que la mousse atteignît nos lèvres—
Et recouvrît —nos noms—

Traduction Charlotte Melançon

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

The restless image : a discrepancy between the felt position and the seen position
Rose Finn-Kelcey, 1975
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier.

27 janvier 2023

Pardon… Entracte messieurs-dames, police ! Cher journal, je suis désolée de cette rature, c’est ma cousine Mireille qui a joué avec toi en mon absence, c’est malin, ça laisse des traces… En vrai je l’adore, et c’est moi qui voulait qu’elle te lise… On est comme ça entre cousines, on partage nos secrets. Moi aussi je t’aime ! Bon, je sens que ça va être compliqué, je te laisse en sa compagnie pour le we. Poisson d’avril ! Lol.

L’invité de la semaine : KINO-SOUNDS – Policier Du Dimanche Soir

L’invité du vendredi matin

Encore une nouvelle rubrique sur le blog : en dehors du trio Journal Intime nous jouons individuellement avec d’autres musiciens, et on trouvait ça chouette de vous ouvrir ces univers à travers une sorte de carte blanche d’inédits. Sympa, non ?

Aujourd’hui, l’invité de la semaine c’est le groupe Kino-Sounds, auquel participe Sylvain. Créé sous l’ONJ de Daniel Yvinek, avec Yoann Serra à la batterie dans sa première formule, Kino-Sounds a sorti un disque en 2014 chez Nomad Music : Virtual Crimes. Voici en exclusivité un premier extrait du nouveau disque qui sortira (enfin !) en numérique sur Bandcamp le 30 juin 2023 : Le policier du dimanche soir. Composé par Rémi Dumoulin et enregistré par Matthieu Metzger en avril 2019 à l’Estran de Guidel (merci encore à Xavier Lejeune !), c’est avec Rémi Dumoulin au saxophone ténor, Matthieu Metzger au saxophone alto, Didier Havet au sousaphone, Cedrick Bec à la batterie, & Sylvain Bardiau au bugle. Bienvenue chez-nous-chez-vous les amis !

Première lettre

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes
mortelles.
Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires
coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n’étaient pas notre affaire.

Paul Valéry, La crise de l’esprit, 1919

~

Il n’y a donc plus de film policier, non plus d’ailleurs que de roman policier. La source est tarie, le renouvellement impossible. Que reste-t-il sinon le dépassement ? Suivant en cela tous les autres genres qui firent la gloire du cinéma américain d’antan, le film policier, n’existant plus par lui-même, reste un merveilleux prétexte.
A l’intérieur des civilisations – à qui Valéry apprit leur sort – les succès, les modes, les genres sont mortels. Restent les œuvres, réussies ou ratées, mais expression sincère des préoccupations et des idées de leurs auteurs.
(…)
En vertu de quoi, peut-on objecter, ce dernier film est-il plus sincère que l’autre ? En vertu de sa maladresse même ! L’assimilation parfaite d’un genre ne revient bien souvent qu’a une complète soumission à celui-ci ; pour faire un film policier, il faut et il suffit qu’il ait été conçu comme tel et que, par corollaire, il ne soit composé que des éléments d’un film policier. Le genre commande à l’inspiration, qu’il retient et enferme dans des règles strictes. Il faut alors, on le reconnaîtra, un talent hors du commun pour rester soi-même au sein d’une aussi étrange entreprise (…) ; ou bien une inspiration, des aspirations, une vision du monde qui s’accordent naturellement avec les lois du genre.

Claude Chabrol, Les Cahiers du Cinéma, 1954

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Musiciens sur fond vert
Kino-Sounds, 2019
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier.

20 janvier 2023

Cher journal, il est 23h35 et je sors d’un merveilleux concert de ma bff Clémentine. Je suis toute en joie de ce moment passé dans son univers tangentiel – contrairement aux univers parallèles, ici on s’entrecroise dans des éclats de vie. ♡
Cher journal, il est enfin 19h15, je sors de cette folle journée éreintée et je file au métro, j’ai hâte d’être au concert ! Ça doit être la fatigue mais j’ai une impression étrange de désordre.
Il est déjà 13h27 et je ne suis pas prête pour ce rendez-vous, pétrifiée par une épaisseur chronologique, prise dans une tempête diachronique, sensation de désordre persistant. Il faut que je me bouge, vite.
Il est 09h48, levée depuis plusieurs heures déjà, ai finalement identifié mon trouble : j’ai l’impression de remonter le temps, et que l’avant s’efforce à prendre une place ici et maintenant. Les saillies temporelles que je subis depuis ce soir me laissent sans défense, nue face au vacarme de mon histoire intime. Je vais accueillir ces souvenirs avec bienveillance, d’un regard chaleureusement fraternel, occasion d’apaiser le passé.
Il est enfin hier.

L’éphéméride de la semaine : Back In Black

Back in Past

Avant d’ouvrir ce blog, on avait déjà l’habitude d’enregistrer notre musique sans pouvoir la diffuser largement ni sortir de disque (ou bien sous le manteau). Ce sont donc des presques-inédits que nous aimerions partager avec vous à travers ce rendez-vous dans nos annales, une fois par mois.

Pour ce premier éphéméride, nous vous proposons un retour à la formation séminale de Journal Intime : le trio se rencontre à l’origine au sein de la fanfare Les Faux Frères en 2001 – « Les Bulles » à l’époque (sic). En compagnie des ♡ fabuleux ♡ Fabien Kisoka (saxophone ténor), Fabrice Lerigab & Laurent Di Carlo (batterie décomposée), nous avons parcouru les routes nationales à dos de camion (ce fameux Tour de France 2001, toute une aventure, il faudrait un blog entier juste pour en narrer l’épopée…). Après plusieurs maquettes, nous enregistrâmes un disque qui circula sous le manteau à partir de 2015, Le Bal Des Faux Frères. En voici donc un extrait, Back In Black, adaptation de la chanson d’AC/DC qui signait le retour du groupe écossano-australien (?) après le décès de leur chanteur Bon Scott, et lui rendaient hommage en le transfigurant de retour du royaume des morts, tel un phénix flamboyant surgissant du brasier de l’autoroute pour l’enfer… Oh yeah !

Back In Black

Back in black, I hit the sack
I’ve been too long, I’m glad to be back
Yes, I’m let loose from the noose
That’s kept me hanging about
I’m just looking at the sky ’cause it’s getting me high
Forget the hearse, ’cause I’ll never die
I got nine lives, cat’s eyes
Abusing every one of them and running wild

‘Cause I’m back, yes I’m back
Well, I’m back, yes I’m back
Well, I’m back, back
Well, I’m back in black
Yes, I’m back in black

Back in the back of a Cadillac
Number one with a bullet, I’m a power pack
Yes, I’m in a bang with a gang
They’ve got to catch me if they want me to hang
‘Cause I’m back on the track and I’m beatin’ the flack
Nobody’s gonna get me on another rap
So, look at me now, I’m just making my play
Don’t try to push your luck, just get out of my way

‘Cause I’m back, yes I’m back
Well, I’m back, yes I’m back
Well, I’m back, back
Well, I’m back in black
Yes, I’m back in black

Ah, yeah
Oh, yeah
Take my love
Yeah, yeah
Yeah
Ah, hey yeah
Ooh, yeah

Well, I’m back (I’m back)
Back, well I’m (I’m back)
Back (I’m back)
Back (I’m back)
Back (I’m back)
Back, back in black
Yes, I’m back in black

I’ve hit the sack

AC/DC, Back In Black

De retour en noir, j’me pieute
Y’a bien trop longtemps que je suis parti ! J’suis content d’être de retour
Oui, je me suis défait du nœud coulant
Qui me retenait pendu
Je garde mes yeux rivés au ciel, ça me donne du courage
Oubliez le corbillard, car je ne mourrai jamais !
J’ai 9 vies, des yeux de chat,
Je vais m’occuper de chacun d’eux et me déchaîner !

Car je suis de retour, oui je suis de retour
Bien, je suis de retour, oui je suis de retour,
Bien je suis de retour, de retour
Bien je suis de retour en noir,
Oui, de retour en noir

De retour à l’arrière d’une Cadillac
J’suis le roi de la gâchette, je suis de la dynamite
Oui, je règle mes comptes avec un gang
Va falloir qu’ils m’attrapent s’ils veulent me pendre
Car je suis de retour sur la piste
Et j’annonce la couleur
Cette fois-ci, personne ne me prendra sur le fait !
Maintenant, regarde-moi, je joue juste mon rôle
N’essaie pas de forcer ta chance et barre-toi de mon chemin

Car je suis de retour, oui je suis de retour
Bien, je suis de retour, oui je suis de retour,
Bien je suis de retour, de retour
Bien je suis de retour en noir,
Oui, de retour en noir

Ah ouais
Oh ouais
Prends mon amour
Yeah Yeah
Ouais
Ah, hé ouais
Oh, ouais

Bien, je suis de retour (je suis de retour)
De retour je suis bien (je suis de retour)
De retour (je suis de retour)
De retour (je suis de retour)
De retour (je suis de retour)
De retour, de retour en noir
Oui je suis de retour en noir

J’me pieute

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

LE BAL DES FAUX FRERES
Journal Intime, 2015

Bonus extra n°1 : en 2016 nous avons finalement sorti un enregistrement Live à l’Ajmi du Bal Des Faux Frères que vous pouvez écouter ou vous procurer ici.

Bonus extra n°2 : Le Bal des Faux Frères avec ♡ Marc Ducret ♡ / Live à Berlin / Back In Black
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier.

13 janvier 2023

Cher journal, je suis furieusement habitée. Par le feu, par la foudre. La tempête incendiaire en permanence bouillonne en moi. C’est la danse, la transe qui m’émeut, et je la vois partout, je la ressens tout le temps. Je la cherche, je crois. Tout est prétexte pour laisser jaillir la fièvre. Un instant, une fête, l’anniversaire d’un aimé, d’une amie, la rencontre de l’alter, à la ville, même au cœur de l’immense vide surpeuplé de l’urbanisme citadin. Surtout dans la jungle dépeuplée et dense d’une nature animée. Face à l’animal, au végétal, au cœur du minéral, c’est le règne de l’intense. Partout je sens battre mon pouls, saillir mon sang à travers mes veines effervescentes. Vaines effervescences, folles passions pathétiques. Je suis une flamme qui danse.

L’avant-première de la semaine : Playtime

Jour de fête !

Merci pour vos messages de soutien, nous aussi on est heureux de vous retrouver ici ! Dernier rappel pour Le Livre De La Jungle à Achères ce samedi 14 janvier, à 16h. A noter également que dimanche 15 janvier, à 17h, nous ferons un concert à l’Atelier Des Bourdons, à Gagny (93), nouveau lieu inventé par Marie-Christine Mazzola & Gaël Ascal (infos et réservations : atelierdesbourdons@gmail.com). La bonne nouvelle c’est que ce concert aventureux sera improvisé et enregistré en vue d’une diffusion sur ce blog ! Autant te dire que si tu veux danser dimanche, tu sais où ça se passe…

Aujourd’hui, un son un peu particulier : en avant-première voici le premier titre, Playtime, de notre prochain album, PLAYTIME (oui…), qui sortira le 7 avril 2023 sur le label Neuklang, disque enregistré par Céline Grangey (spéciale dédicace et immense merci infini), mixé par Jerry Square et masterisé par Philipp Heck. Le fabuleux Jérémie Piazza à la batterie & Journal Intime aux cuivres, c’est une chouette histoire qui dure depuis cette tournée mémorable dans les pays Baltes organisée en 2020 par l’inimitable ♡ Charles Gil ♡. Voici donc un extrait du premier disque de ce quartet, écrit par James Campbell, tiré du film de Jacques Tati : Playtime. Et pour jouer avec tout ça, il nous fallait évidemment des invités magnifiques : merci d’accueillir chaleureusement Sébastien Palis à l’orgue B3 & Marc Ducret à la guitare. Allez, maintenant c’est l’heure de la récré ! Tu viens jouez avec nous ? C’est Jérémie le chat…

De l’éclectisme au doute

— Ne crains-tu pas que ce retour aux éléments, que cette simplification systématique dont on semble faire une loi à l’art moderne ne finissent par fixer cet art en général, et l’architecture plus particulièrement, dans une recherche purement théorique et trop intellectuelle pour satisfaire à la fois aux exigences de notre esprit et à celles de notre corps ? L’homme n’est pas un pur esprit. Et quand on voit ces grandes constructions aux lignes unies et surtout ces intérieurs où tout semble répondre à un strict et froid calcul, on se demande si l’homme pourrait se satisfaire d’y demeurer.
— Tu as raison. Ce retour aux éléments primordiaux, cet affranchissement de tout ce qui n’était pas l’élément primordial, répondaient à une nécessité. Il fallait se décharger d’une oppression pour sentir à nouveau la liberté. Mais cette froideur intellectuelle à laquelle on était arrivé et qui ne traduisait que trop bien les dures lois du mécanisme moderne, ne peuvent être qu’un passage. Il faut bien de nouveau retrouver l’être humain dans l’apparence plastique, la volonté humaine sous l’apparence matérielle, et le pathétique de cette vie moderne dont on n’avait vu d’abord qu’une sorte de traduction en langage algébrique.
— De quel pathétique veux-tu parler ?
— De ce pathétique qui est inséparable de toute vie véritable.
— Tu veux dire en somme, retrouver l’émotion.
— Oui, une émotion purifiée et qui peut s’exprimer de mille façons.
Il n’est pas besoin de retourner aux anciennes complications : le seul choix d’une matière belle en soi, et travaillée avec une simplicité sincère y suffit quelquefois. Il fallait reconstruire un idéal capable de satisfaire la conscience moderne la plus générale, sans cependant cesser d’avoir en vue la joie de l’individu et en se gardant de toute outrance.
— Ainsi tu préconises un retour aux sentiments, à l’émotivité !
— Oui, mais encore une fois, à une émotivité purifiée par la connaissance; enrichie par l’idée, et qui n’exclut point la connaissance et l’appréciation des acquisitions scientifiques. Il ne faut demander aux artistes que d’être de leur temps.
— Tu veux dire de vivre avec leur temps et de l’exprimer.
— Oui, sans aucun artifice, d’aucune sorte. L’œuvre belle est plus vraie que l’artiste.

Eileen Gray & Jean Badovici, L’Architecture Vivante, Automne-hiver, 1929

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

PLAYTIME – LE DISQUE
Journal Intime & Jérémie Piazza, 2023
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier.

06 janvier 2023

Cher journal, tu m’as tellement manqué, j’ai tant de choses à te raconter. J’ai beaucoup marché depuis notre dernière visite, mais j’ai aussi repris le train, la voiture, le car et l’avion, avalé des kilomètres, assiégé des montagnes, vagabondé à travers des forêts flamboyantes qui m’éloignaient de toi. Finalement de retour, c’est à pied nus que je me présente à toi. Je croyais tout ce temps que mon récit attendrait, que l’on pourrait distiller nos souvenirs accumulés, richesse affective, mais je me rends bien compte que c’est le présent qui fait le sel de notre relation. Nous sommes liés par l’instant et par le geste. Je vais prendre le temps de te raconter un présent du passé, caresser quelques éclats de vie que je veux te dire, hors du temps, et les confronter à un futur déjà là. Je me souviens, c’était demain…

Playlist de la semaine : LA SAISON 01 DE LA JUNGLE

Youpi, c’est reparti !

Et voilà, on est de retour pour de bon, on a pris le temps de s’organiser pour être plus souvent avec vous ici, on est chauds bouillants ! Beaucoup d’actualités pour le groupe en ce moment. Entre une sortie de disque imminente (patience et rendez-vous la semaine prochaine pour en savoir plus), une nouvelle création monumentale (???) et des concerts intimistes, on a réussi à caler des représentation de notre spectacle sur Le Livre De La Jungle ! Ça se passera le au Sax (Achères) le 14 janvier à 16h00, et à la Dynamo (Pantin) le 24 janvier à 19h30. Tu peux venir en famille, on s’occupe des gosses pendant que tu profites du spectacle, ça va bien se passer. Pour te donner envie sans t’en dévoiler trop, on t’a préparé une petite série de vidéos dans la nature. Et là, t’as toute la saison 01 à binge-watcher dans ton canap, ça va te changer de Netfloux. Tu viens danser dans la fôret ?

P.S. : ♡ Blutch ♡ nous a fait l’immense plaisir d’illustrer notre Livre De La Jungle, voici en exclusivité son affiche pour vous. On en profite pour le remercier encore une fois, et pour vous signaler la sortie de son dernier opus, La Mer à Boire, petit bijou libre, vibrant et vivant… Et pour les plus chanceux d’entre vous qui peuvent passer à Paris dans le mois qui vient, Blutch expose ses originaux à la Galerie Barbier, courrez-y vous régaler les sens.

La littérature, miroir de l’humanité

Voici donc ma théorie. En plus de tout ce que je viens de décrire, je considère comme étant de la littérature, non seulement les romans standard, les histoires, les saynètes, les récits de voyage, les essais de toutes sortes publiés dans les magazines, mais aussi ce qu’il y a de plus pauvre et de plus piètre dans les romans à cinq sous, dans les histoires de détectives, dans les reportages des journaux, dans les analyses de parties de baseball, et même dans les slogans publicitaires. Oh, quelle charmante image de nous-mêmes avons-nous à travers ces textes!

(…)

Il est peut-être dangereux de le dire, mais je considère comme une évidence pour la littérature en général qu’une forme modérée de plaisir vulgaire reste une forme d’équilibre salvatrice dans la psyché de chaque homme et de chaque femme, un signe d’ancrage dans une hygiène mentale qui fait qu’on prend les choses telles qu’elles sont et qu’on en rit.

Voltairine de Cleyre
Traduction Claude G. Charron

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

LE LIVRE DE LA JUNGLE
Illustration originale, Blutch, 2022
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier.

04 février 2022

Cher journal, ça n’a jamais été aussi difficile de t’écrire. Pourtant cela fait un mois que je n’attend que ça, impatiente : je suis en manque de toi depuis trop longtemps. Te retrouver est une libération ! Après cette longue nuit aux cauchemars récurrents, ces journées sans saveur et leur langueur infinie, après la solitude immobile, je sens que la vie revient dans mes veines, que la chaleur reprend possession de mon corps. Si lentement. Presque douloureusement, si brutalement. Une lumière vigoureuse se pose sur mon échine engourdie, et les ombres disparaissent dans un scintillement intensément vif. Un frisson fabuleux me parcourt, et encore, le temps est suspendu, le plaisir est immense. Que l’aurore soit éternelle !
Merci d’être toujours là…

L’inédit de la semaine : Dry & Naked n°1 – The Writing

C’est l’heure du bilan…

En janvier 2021 nous avons lancé ce blog comme un jeu, un défi un peu fou : poster chaque semaine, pendant un an, un nouveau morceau inédit, enregistré pour l’occasion ! La règle, c’était de ne pas sortir des archives ni de rediffuser nos disques, mais bien de créer à flux tendu, en assumant toutes les étapes de la production : depuis l’écriture jusqu’à la diffusion en ligne, en passant par l’arrangement, l’enregistrement, le montage, le mixage, etc… On s’est lancé en se disant que, même si ça ne tenait pas, ce serait déjà chouette d’essayer. Et puis on s’est pris au jeu, les retours des auditeurs étaient tout de suite enthousiastes, il se passait quelque chose, dès le début. Alors on s’est accroché, faut dire qu’on avait du temps libre, mais surtout ça nous a fait un bien fou ! Ce fut une année longue et compliquée, systématiquement parsemée de nuits blanches (une à deux par semaine, parfois trois, quasiment tous les jeudis pour le bouclage), mais c’était tellement bon qu’on a tenu ferme. En une année, nous avons donc enregistré/monté/mixé/mis-en-ligne 49 titres audios et 15 vidéos, partagé nos rencontres avec des invité.e.s magnifiques (coucou les ami.e.s ;), posté un paquet de photos et de gifs idiots, même des jeux et des tutos ! Le tout accompagné d’extraits de textes qui nous touchent et nous inspirent. Tout ça grâce à vous – vous êtes plus de 5 000 visiteurs réguliers, depuis une cinquantaine de pays – vos commentaires et vos encouragements. Ce blog nous a permis de créer un nouveau lien avec vous, anciens compagnons de l’aventure Journal Intime et nouveaux amis qui nous découvrez ici. Puis nous avons mis en place un soutien financier via la plateforme Tipeee, parce que, même si nous tenons à diffuser cette musique en libre accès sur internet, cela a un coût. Alors un grand merci à nos ami.e.s Tipeuse/eurs qui permettent que cela soit possible ! ♡ D’ailleurs grâce à elleux, vous pouvez retrouver tout le blog sur YouTube (et en HD sur SoundCloud), classé par mois sous forme de playlists. N’hésitez pas à aller faire un tour, c’est pratique pour écouter les morceaux en boucle ! Vous y retrouverez notamment une playlist avec toutes les vidéos, une autre contenant tous les morceaux avec Fabe Beaurel Bambi, aussi une playlist sur Le Livre De La Jungle, etc…

Et maintenant ?

Ce blog, c’est une danse improvisée à trois, trois voix, trois corps, trois vies. On ne va pas chercher à tout prix à continuer sur ce rythme fou, les tournées avec différents projets nous éloignent trop régulièrement les uns des autres. Mais on a des idées pour continuer quand même, on verra à quel rythme, et surtout si vous êtes toujours au rendez-vous. Et pour bien commencer l’année, voici une composition collective prise sur le vif ! Quand on se retrouve en improvisation, c’est une solitude commune face à la page blanche, un vertige avant le grand saut, une confiance les uns envers les autres, et surtout beaucoup d’amour. On ne vous fait plus de dessin, vous savez très bien comment ça se danse !

Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. Être sans sujet aucun de livre, sans aucune idée de livre c’est se trouver, se retrouver, devant un livre. Une immensité vide. Un livre éventuel. Devant rien. Devant comme une écriture vivante et nue, comme terrible, terrible à surmonter. Je crois que la personne qui écrit est sans idée de livre, qu’elle a les mains vides, la tête vide, et qu’elle ne connaît de cette aventure du livre que l’écriture sèche et nue, sans avenir, sans écho, lointaine, avec ses règles d’or, élémentaires : l’orthographe, le sens.

(…)

La délivrance c’est quand la nuit commence à s’installer. Quand le travail cesse dehors. Reste ce luxe que nous avons, nous, d’en pouvoir écrire dans la nuit. Nous pouvons écrire à n’importe quelle heure. Nous ne sommes pas sanctionnés par des ordres, des horaires, des chefs, des armes, des amendes, des insultes, des flics, des chefs et des chefs. Et des poules couveuses des fascismes de demain.

Marguerite Duras, Écrire

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

We are Three Women. We are Three Million Women
Barbara Morgan, 1938
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier.

31 décembre 2021

Cher journal, je t’écris depuis un an déjà. Pour fêter ça, ce soir je vais faire la fête avec mes meilleures amies, mes héroïnes, elles me soutiennent et ça me fait tellement chaud au cœur de les savoir à mes côtés, je les adore ! Ça va être dingue cette soirée : il y aura Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier. On retrouvera plein d’autres copaines sur le dancefloor bien sûr, et je les aime aussi ! ♡

L’inédit de la semaine : Eros Therapy

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1…

Quel Marathon ! Immense merci à nos tipeuses/eurs, et à touste celleux qui nous ont encouragés par de si doux messages… C’est vous qui nous avez fait tenir, avec ce lien intense que nous avons découvert ensemble au fil de toutes ces semaines. Merci d’avoir été fidèles au rendez-vous, on se retrouve tout bientôt ici même… Allez, c’est pas encore l’heure des bilans, là faut danser, bamboche pour tout le monde ! Tiens, sur le son du jour, Eros Therapy, mis en forme par Frédéric, tu va pouvoir chanter, improviser avec tes binious, et bien sûr guincher toute la nuit dessus, c’est une musique dont tu es le héro.ïne ! Alors filme-nous tout ça et fait tourner la cassette, en échange on te met la vidéo de notre dernière soirée au local, tu vas voir y avait du monde !

La vidéo bonus de la semaine : HASTA SIEMPRE, SUBCOMANDANTE

Marcos, La dignité rebelle

Le zapatisme, plus qu’un exemple à suivre, est un symptôme. L’insurrection du 1er janvier 1994 signifie qu’une partie de la population d’Amérique latine refuse d’accepter la logique d’une disparition silencieuse. Le zapatisme n’est pas la règle qui dit aux indigènes des autres pays ce qu’ils doivent faire. Nous partageons plutôt le même sentiment de marginalisation et d’exclusion. Ainsi que la volonté de résistance qui nous pousse à dire : nous ne voulons pas que le monde continue sans nous, nous ne voulons pas disparaître. Mais nous ne voulons pas non plus cesser d’être ce que nous sommes. C’est un processus d’affirmation de notre différence. La lutte des indigènes d’Amérique latine c’est la volonté d’affirmer : nous voulons faire partie de l’histoire nouvelle, de l’histoire du monde ; nous avons quelque chose à dire et nous ne sommes pas disposés à être ce que vous voulez que nous soyons. Nous ne voulons pas nous transformer en sujets dont la valeur sur l’échelle sociale serait déterminée par le pouvoir d’achat et le pouvoir de production.

Ignacio Ramonet & le sous-commandant Marcos

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

Mille mercis à nos ami.e.s musicien.ne.s qui sont passé cette année sur le blog, on vous adore ! ♡ Raphaëlle  »L » Lanadère Yann Péchin Marylou Abdelghani & McG Nicolas Gastard Florent Hamon Fabe Beaurel Bambi On se retrouve l’année prochaine ?

ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei, Isabelle & Olivier.

24 décembre 2021

Cher journal, il est bien tard dans l’année, et si tôt dans l’hiver. Je ne veux pas me laisser endormir par le solstice. L’envie d’hiberner est bien là, le feu intérieur aussi. La nuit s’éternise, la fatigue est routine, et la fête ne m’a jamais parue si lointaine. Et pourtant mon corps, impatient, déjà se meut, m’entraine au dehors. Le froid impitoyable ne m’atteint pas, je suis chanceuse, j’en ai bien conscience. D’un pas décidé je pourfends les ténèbres en laissant ma voix fredonner, vibrer au rythme de mes foulées. Une lumière étincelante m’inonde, je scintille, je deviens un phare dans cette brume de confusion. Mes amies me rejoignent en famille, ensemble nous traverserons la nuit, la saison, le siècle, dans une farandole euphorique et infiniment alerte.

L’inédit de la semaine : Hasta Siempre, Comandante

Happy Birthday Che-Zeus !

Une petite ritournelle pour entrer dans l’hiver en douceur avec vigueur. C’est plaisir, c’est cadeau ! Hasta Siempre, Comandante de Carlos Puebla, chanson écrite non pas pour célébrer la mort du révolutionnaire, mais deux ans plus tôt, en 1965, pour glorifier son départ vers de nouvelles luttes. Alors au passage on aurait pu vous parler de révoltes, de droits fondamentaux à la dignité, de solidarités, de sororité… toutes ces choses et bien d’autres encore qui sont toujours d’actualité bien sûr. Voilà, cette chanson, aujourd’hui, c’est pour garder ce feu allumé, ne pas se laisser endormir par le décorum ni gangréner par les idées mortifères, et danser bien sûr, danser encore, danser toujours.

Hasta Siempre, Comandante

Aprendimos a quererte,
Desde la histórica altura,
Donde el sol de tu bravura
Le puso cerco a la muerte.

Aquí se queda la clara,
La entrañable transparencia
De tu querida presencia,
Comandante Che Guevara.

Tu mano gloriosa y fuerte
sobre la historia dispara,
cuando todo Santa Clara
Se despierta para verte.

Aquí se queda la clara,
La entrañable transparencia
De tu querida presencia,
Comandante Che Guevara.

Vienes quemando la brisa
con soles de primavera
para plantar la bandera
con la luz de tu sonrisa.

Aquí se queda la clara,
La entrañable transparencia
De tu querida presencia,
Comandante Che Guevara.

Tu amor revolucionario
te conduce a nueva empresa,
donde espera la firmeza
de tu brazo libertario.

Aquí se queda la clara,
La entrañable transparencia
De tu querida presencia,
Comandante Che Guevara.

Seguiremos adelante
como junto a tí seguimos
y con Fidel te decimos :
« ¡Hasta siempre Comandante! »

Aquí se queda la clara,
La entrañable transparencia
De tu querida presencia,
Comandante Che Guevara.

Carlos Puebla

Nous avons appris à t’aimer
Depuis les hauteurs historiques,
Où le Soleil de ta bravoure,
Assiégea la mort.

Ici repose la claire,
L’intime transparence
De ta chère présence,
Commandant Che Guevara !

Ta main puissante et glorieuse
Embrase l’Histoire,
Quand tout Santa Clara
Se réveille pour te voir.

Ici repose la claire,
L’intime transparence
De ta chère présence,
Commandant Che Guevara !

Tu arrives en brûlant la brise
Avec les soleils des printemps,
Pour planter le drapeau
Avec la lumière de ton sourire.

Ici repose la claire,
L’intime transparence
De ta chère présence,
Commandant Che Guevara !

Ton amour révolutionnaire
Te mène à un nouveau projet,
Où l’on attend la fermeté
De ton bras libérateur.

Ici repose la claire,
L’intime transparence
De ta chère présence,
Commandant Che Guevara !

Nous irons vers l’avant
Comme joints à toi, nous continuons,
Et avec Fidel nous te disons :
« Adieu, Commandant ! »

Ici repose la claire,
L’intime transparence
De ta chère présence,
Commandant Che Guevara !

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
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17 décembre 2021

Cher journal, je suis un peu fatiguée là, je ne sais pas si c’est l’hiver qui approche ou l’été qui s’éloigne, mais j’ai bien envie de retourner sous la couette siffler un coup… Sentir le drap tout propre encore rigide se plier à mon corps, l’odeur discrète de la lessive flatter mon odorat, ma chaleur qui s’accumule rapidement et me réchauffe d’un un cercle vertueux. Dans cette étuve, me retourner, m’étirer, tourner encore, comme une danse horizontale et minimaliste, une incantation au Dieu Sommeil. Mes bras finissent par s’allonger le long du corps, mes paupières alunissent, autonomes, tandis que déjà je sombre dans une léthargie qui

La vidéo inédite de la semaine : Nervous Breath Down

Inspirez… Expirez…

Dernière ligne droite pour le blog, on lâche rien, toujours pas fatigués (en vrai : si, mais chut !!!), on est en train de terminer un marathon, c’est le mental qui joue là ! Aujourd’hui on reprend notre souffle en trio, infiniment intime, intimement infime, avec un Nervous Breath Down collectif de Frédéric, Matthias & Sylvain. A écouter au casque de préférence, on vient te chatouiller les oreilles de nos cuivres en te caressant les rétines à coup de plancton. Tu vois, même si tu ne danses pas, à une autre échelle, tu danses quand même !

♡ Bienvenue aux nouvelles/aux Tipeuses/eurs du blog (toutes les infos ici), qu’iels soient ici infiniment remercié.e.s : Isabelle & Olivier.

Les droits de la Femme

Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? Qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ? Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique.

Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux, jette enfin un coup d’œil sur toutes les modifications de la matière organisée ; et rends-toi à l’évidence quand je t’en offre les moyens ; cherche, fouille et distingue, si tu peux, les sexes dans l’administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d’œuvre immortel.   
                 
L’homme seul s’est fagoté un principe de cette exception. Bizarre aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré dans ce siècle de lumière et de sagacité, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles, il prétend jouir de la révolution et réclamer ses droits à l’égalité… pour ne rien dire de plus.

Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

La vidéo bonus de la semaine : Mars – Chant de l’alouette
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10 décembre 2021

Cher journal, personne ne peut m’interdire de danser. Je danse où je veux, quand je veux. Dans un théâtre de la ville, dans une grange abandonnée ; dans la rue si cela m’enchante, dans ma chambre, seule et pudique ; avec mes amies au dancing, entourée d’inconnues sur le dancefloor ; en Bretagne, en Alsace, en Auvergne pourquoi pas, dans les Alpes ou les Pyrénées, en Corse ou aux Antilles ; partout, tout le temps, je danse. Ce soir, je sors. Dans l’obscurité je méprise l’interdit. Je traverse la jungle labyrinthique et ses feuillages touffus, mon cœur exulte aux sons qui se rapprochent. Une faible lueur m’indique le chemin. Une clairière apparaît, la fête est là. Dans la forêt, autour d’un feu fougueux, enfin, je danse. Libre.

L’inédit de la semaine : Colonel Hathi’s March

Dansez, dansez, dansez, dansez !

Allez, on reste encore un peu dans Le Livre De La Jungle. Faut nous comprendre : on joue notre tout nouveau spectacle ce we, samedi 11 & dimanche 12 décembre, à La Dynamo de Banlieues Bleues, avec les flamboyants Nicolas Gastard & Florent Hamon déchaînés comme jamais ! Pas de bol si vous n’avez pas réservé vos places : c’est complet ! Tentez votre chance quand même hein, on ne sait jamais, un désistement est vite arrivé en ce moment… Bref, après un Baloo déguisé en Beyonce (ou était-ce l’inverse ?), voici le colonel et sa patrouille de la jungle : qu’est-il arrivé à vos trompes ? Je suis pas sûr de vouloir savoir, mais on vous promet une Victoria Cross pour toute vidéo de vous, dansants la trompe libre sur la Colonel Hathi’s March des frères Sherman !

Toomai of the Elephants

I will remember what I was, I am sick of rope and chain— 
I will remember my old strength and all my forest affairs. 
I will not sell my back to man for a bundle of sugar-cane: 
I will go out to my own kind, and the wood-folk in their lairs. 

I will go out until the day, until the morning break— 
Out to the wind’s untainted kiss, the water’s clean caress; 
I will forget my ankle-ring and snap my picket stake. 
I will revisit my lost loves, and playmates masterless! 


(…)

Salaam karo, my children. Make your salute to Toomai of the Elephants! Gunga Pershad, ahaa! Hira Guj, Birchi Guj, Kuttar Guj, ahaa! Pudmini,—thou hast seen him at the dance, and thou too, Kala Nag, my pearl among elephants!—ahaa! Together! To Toomai of the Elephants. Barrao!”

And at that last wild yell the whole line flung up their trunks till the tips touched their foreheads, and broke out into the full salute—the crashing trumpet-peal that only the Viceroy of India hears, the Salaamut of the Keddah.

But it was all for the sake of Little Toomai, who had seen what never man had seen before—the dance of the elephants at night and alone in the heart of the Garo hills!

Rudyard Kipling, The Jungle Book

Toomai des Éléphants

Je me souviens de qui je fus. J’ai brisé corde et chaîne.
Je me souviens de ma forêt et de ma vigueur ancienne.

Je ne veux plus vendre mon dos pour une botte de roseaux,
Je veux retourner à mes pairs, aux gîtes verts des taillis clos :

Je veux m’en aller jusqu’au jour, partir dans le matin nouveau.
Parmi le pur baiser des vents, la claire caresse de l’eau :
J’oublierai l’anneau de mon pied, l’entrave qui veut me soumettre.
Je veux revoir mes vieux amours, les jeux de mes frères sans maître.


(…)

Salaam karo, mes enfants. Faites votre salut à Toomai des Éléphants ! Gunga Pershad, ahaa ! Hira Guj, Birchi Guj, Kuttar Guj, ahaa ! Pudmini, tu l’as vu à la danse, et toi aussi, Kala Nag, ô ma perle des Éléphants !… Ahaa ! Ensemble ! À Toomai des Éléphants ! Barrao ! ! !

Alors, au signal de cette clameur sauvage, sur toute la ligne les trompes se levèrent jusqu’à ce que chacun touchât du bout le front de chaque éléphant, et tous entonnèrent le grand salut, l’éclatante salve de trompettes que seul entend le Vice-Roi des Indes, le Salaam-ut du Keddah.

Mais cette fois, en l’unique honneur de Petit Toomai, qui avait vu ce que jamais homme ne vit auparavant, la danse des éléphants, la nuit, tout seul, au cœur des montagnes de Garo !

Gros bisous,
Frédéric, Matthias & Sylvain.

« Petit Toomai s’aplatit contre le grand cou,
de peur qu’une branche ballante ne le précipitât sur le sol »
Illustration de William H. Drake, The Jungle Book – 1ère édition, 1894.
La vidéo bonus de la semaine : Witch Spleen On Fire
ENORME merci aux Tipeuses/eurs de cette semaine :
Marionette & ses moutons, Anouck & Nicolas, Odile & Christian, Gilles & Dominique, Claude & Cédric, Didier, Kali, Céline & José, Geneviève & Laurent, Lydie & Jean-Georges, Anne & François, Catherine & Daniel, Anne-Laure, Maarite & Charles, Jeanloulou, Anja, Estelle & Antoine, Nathalie & Fabien, Sufei.